Le secteur automobile ne manque pas de chiffres, mais derrière les chiffres il y a des visages : celui de Leila Neubauer s’impose depuis cinq ans comme l’un des plus emblématiques. Son style direct, son sens du terrain et sa capacité à dépoussiérer une filière parfois jugée immobile attirent l’attention des observateurs.
En 2026, la dirigeante du groupe familial centenaire multiplie les initiatives pour rapprocher les concessions des attentes d’un public connecté, sensible à l’environnement et peu enclin à passer des heures derrière un bureau de vente. En misant sur la proximité digitale, sur l’humain et sur de nouveaux services, elle dynamise un marché chahuté par les crises successives.
Le cheminement de cette cheffe d’entreprise, jadis surnommée « la tornade tranquille », aide à comprendre la transformation d’un univers où les concessions deviennent des lieux de vie et d’expérience plutôt que de simples vitrines de véhicules.
| Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news. |
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| ✅ Leila Neubauer a été élue présidente des concessionnaires Jaguar Land Rover et porte une vision ouverte du réseau. |
| ✅ Le groupe familial fondé en 1905 compte 51 points de vente et 25 marques représentées. |
| ✅ Digitalisation, reconditionnement et services de mobilité partagée font partie des chantiers phares. |
| ✅ Plus de 300 apprentis formés chaque année sur de nouveaux métiers de l’électromobilité. |
| ✅ Priorité aux motorisations propres : 40 % du stock 2026 est 100 % électrique ou hybride rechargeable. |
Une héritière qui bouscule les codes de la distribution automobile française
Pour mesurer l’ampleur du changement, il faut revenir à 2019 : à seulement trente-quatre ans, Leila Neubauer prend les rênes opérationnelles d’un groupe fondé par l’arrière-grand-père de son mari. De nombreux analystes voyaient dans cette transition une continuité tranquille. Ils ne s’attendaient pas à la vague de modernisation qui allait suivre. Inspirée par la réussite de start-up de la mobilité et par les attentes de conducteurs de plus en plus exigeants, elle redessine la carte des concessions en Île-de-France, mise sur l’omnicanal et crée des équipes mixtes mêlant conseillers expérimentés et jeunes diplômés du numérique.
Le déclencheur ? Un voyage d’étude en Californie, où des concessions Tesla proposaient déjà la livraison de véhicules à domicile et des ateliers mobiles. De retour à Paris, elle convainc les actionnaires du bien-fondé de mobiliser dix millions d’euros pour installer des espaces connectés dans chaque show-room : tablettes tactiles, écrans 3D et réalité augmentée pour configurer son véhicule en temps réel.
Ces investissements, jugés audacieux en pleine période de baisse du marché, se sont révélés payants : le trafic en ligne a bondi de 60 % entre 2022 et 2025. L’écart de conversion entre visite virtuelle et essai sur route s’est réduit de moitié, démontrant que la technologie peut humaniser la relation plutôt que la rendre froide.
Le style managérial de la dirigeante casse aussi les codes : chaque lundi, elle se rend anonymement dans un point de vente pour observer le parcours client. Une anecdote raconte qu’elle a passé deux heures derrière un comptoir de livraison véhicules d’occasion pour comprendre pourquoi les livraisons prenaient du retard. L’initiative a débouché sur la création d’un « pôle reconditionnement express » capable de préparer une voiture en 48 heures, contre une semaine auparavant.
La presse spécialisée salue la démarche. L’article consacré par son élection au groupement Jaguar Land Rover souligne « une nouvelle manière de concilier rentabilité et proximité ». Le mot-clé est lâché : proximité, avec l’idée que chaque client doit pouvoir contacter un conseiller en moins de trois minutes, que ce soit en vidéo, par chat ou sur un simple appel vocal.

Un réseau traditionnel transformé en hub de services
Concrètement, les concessions ne sont plus seulement des lieux de vente. Elles hébergent des bornes de recharge ouvertes 24 h/24, des boutiques de mobilité douce, des cafés de quartier et même des ateliers de personnalisation artisanale. Les chiffres parlent : 18 % du chiffre d’affaires 2025 provient déjà d’activités hors vente de véhicules neufs. Les garages se réinventent en centres de car-care, proposant polissage, covering et formation à la conduite électrique.
Le témoignage d’Amir, mécano passé responsable d’un atelier de reconditionnement, illustre le changement : « Il y a trois ans, je passais mes journées à changer des plaquettes. Aujourd’hui, j’explique à des clients comment optimiser l’autonomie de leur SUV électrique. » Citons également l’ouverture de show-rooms éphémères dans des centres commerciaux de banlieue ; ces pop-up stores écoulent en moyenne 25 voitures par mois, un chiffre inédit.
Insight final : en trois ans, la dirigeante a montré qu’un groupe historique peut se réinventer sans renier son héritage.
De la présidence des concessionnaires Jaguar Land Rover à une vision globale du secteur
Le 4 avril 2024, l’annonce tombe : Leila Neubauer succède à Philippe Dugardin à la tête du groupement des concessionnaires Jaguar Land Rover. L’information, relayée aussitôt par des sites spécialisés, marque un tournant. La nouvelle présidente hérite d’un réseau de 83 points de vente disséminés dans l’Hexagone. Sa première décision ? Créer un observatoire des attentes clients, nourri par les données croisées des ateliers, des sites web et des réseaux sociaux.
Cette fonction transversale lui donne un recul précieux pour diagnostiquer les failles du secteur : manque de transparence sur les prix, délais de livraison trop longs, difficulté à recruter des techniciens maîtrisant l’électronique embarquée. Sa méthode repose sur trois piliers :
- 🚀 Agilité : des points multi-marques capables d’adapter leur stock en temps réel.
- 🤝 Partenariats : accords avec des start-up de recharge et d’assurance à la demande.
- 🔍 Data : utilisation d’algorithmes pour prédire la demande locale et ajuster les commandes.
En pratique, les concessionnaires ont vu leur parc immobilisĂ© baisser de 22 jours en un an. Un indicateur essentiel quand les coĂ»ts financiers explosent. Les rĂ©sultats intriguent la profession ; ils sont dĂ©taillĂ©s dans la rĂ©compense de Distributrice automobile de l’annĂ©e obtenue lors des Masters Auto Infos 2025.
Son approche culturelle est tout aussi singulière : pour sensibiliser des équipes souvent masculines à l’importance de la diversité, elle invite des sportives médaillées à animer des ateliers. « Quand une championne de judo explique la rigueur et la précision nécessaires à un mouvement, les techniciens comprennent qu’ils partagent les mêmes valeurs », confie un directeur de site.
| Évolution clé | 2019 | 2026 |
|---|---|---|
| Véhicules électriques en stock 🌱 | 5 % | 40 % |
| Délai moyen de livraison ⏱️ | 14 semaines | 6 semaines |
| Part de ventes en ligne đź’» | 2 % | 28 % |
| Employés formés à la haute tension ⚡ | 40 | 450 |
Insight final : la présence d’une femme à la tête d’un réseau premium change le discours, mais aussi les processus.
L’innovation comme moteur : digitalisation, data et service client réinventé
L’un des tournants décisifs vient du lancement en 2023 de la plateforme « Neubauer One ». L’outil permet de réserver un véhicule, de financer l’achat, de planifier la livraison et de suivre la maintenance en un seul espace sécurisé. Inspirée des super-app asiatiques, la solution attire 180 000 inscrits actifs en janvier 2026.
La méthode d’implémentation illustre la philosophie du groupe : commencer par un pilote à Aulnay-sous-Bois, région où le taux d’équipement numérique des foyers était jugé modeste. Pari risqué, mais payant : les retours des clients de quartier ont aidé à simplifier le parcours utilisateur. Les designers ont retiré 20 % des écrans superflus et réduit le temps moyen d’achat à 18 minutes, quand il fallait auparavant un rendez-vous d’une heure au bureau de vente.
L’entreprise mise sur la data : grâce à l’intégration d’un module prédictif, un client recevant une alerte « entretien batterie » peut réserver une intervention mobile. Les équipes se déplacent dans un rayon de 30 km avec un fourgon équipé de batteries tampon. Résultat : 94 % de satisfaction post-intervention. La transformation passe aussi par l’usage de la réalité augmentée : un technicien montre au client, via casque, les pièces remplacées, gage de transparence et de pédagogie.

Des partenaires inattendus rejoignent l’initiative, comme la start-up de covoiturage urbain BeeRide, qui propose un abonnement combinant leasing courte durée, recharges illimitées et accès à des parkings sécurisés. Selon le portrait publié par Les Échos, cette alliance reflète la volonté d’englober toutes les formes de mobilité.
La plate-forme intègre également un module social : les clients peuvent noter le café, le sourire de l’accueil ou la propreté des sanitaires. Les notes remontent en temps réel dans un tableau de bord consulté chaque matin par l’encadrement. Un responsable de site admet que « voir un 3/5 dans la colonne propreté à 9 h du matin motive tout le monde à sortir le balai. »
Insight final : la technologie n’a de sens que si elle améliore concrètement l’expérience humaine, une règle que l’équipe ne cesse de rappeler.
Le pari de la formation et de l’emploi : transformer les métiers de l’automobile
Pour accompagner la révolution industrielle qui secoue le secteur, le groupe investit lourdement dans la formation. Dès 2022, un campus interne voit le jour à Saint-Denis, à deux pas du siège historique. Le campus accueille aujourd’hui 300 apprentis par an, répartis sur cinq filières : mécanique électrique, carrosserie légère, vente omnicanale, data-marketing et gestion de flottes. Chaque filière fonctionne sur un modèle hybride associant cours magistraux, ateliers immersifs et mentorat de pairs.
La philosophie est simple : un apprenti est considéré comme un futur associé, non comme une main-d’œuvre bon marché. La moitié des promotions provient de zones urbaines prioritaires, l’autre moitié de zones rurales dépourvues d’emplois industriels. Ce maillage social permet d’attirer des profils variés, parfois éloignés de l’automobile, et d’injecter un sang neuf dans un métier qui souffrait d’un déficit d’image.
Derrière ce dispositif, on retrouve la conviction que les compétences techniques doivent se doubler d’une connaissance client. Ainsi, un jeune électromécanicien doit réaliser des entretiens filmés avec des conducteurs de citadines électriques pour appréhender l’usage réel : température de batterie, parking souterrain, chargement de trottinettes. Le groupe mesure l’impact : 12 % de baisse des retours atelier dans les six mois suivant la vente.
Les retombées dépassent le cadre interne. En 2025, l’État et la région Île-de-France sélectionnent le campus pour piloter un label « Industrie verte ». Le label veut promouvoir les technologies moins énergivores dans les ateliers. Les apprentis testent de nouveaux solvants sans composés organiques volatils et expérimentent des peintures à base d’eau. Les gains estimés en émissions de CO₂ atteignent 430 tonnes sur un an.
L’ouverture à des publics féminins reste un défi, mais les lignes bougent. Un partenariat avec l’association « Femmes et moteurs » permet d’offrir 50 bourses par an. L’objectif est d’atteindre 30 % d’apprenantes d’ici à 2027. L’intervention de la dirigeante dans le podcast Être une femme contribue à changer les mentalités : « Qu’une jeune fille choisisse la carrosserie, c’est aussi noble que le coding », peut-on entendre dans l’épisode le plus écouté de la série.
Insight final : la meilleure façon de sécuriser l’avenir d’une entreprise passe par l’affûtage permanent des compétences et l’inclusion de nouveaux profils.
Vers une révolution industrielle verte et inclusive
Derrière les paillettes d’une élection à la tête d’un réseau premium, il y a le défi climatique. Le plan « Neutralité 2035 » du groupe s’appuie sur trois axes : production électrique décarbonée pour les sites, offre croissante de véhicules zéro émission, recyclage intégral des batteries. Sur le premier axe, 90 % des toitures des concessions sont déjà couvertes de panneaux solaires. Les bornes publiques installées dans les parkings restituent gratuitement l’excédent d’énergie aux habitants du quartier la nuit, créant un cercle vertueux.
Côté flotte, la stratégie baptisée « 40-40-40 » fixe trois objectifs : 40 % de ventes en électrique, 40 % en hybride rechargeable et 40 % des utilitaires transformés au bio-GNV pour les artisans. Cette approche modulaire séduit les collectivités, qui y voient la possibilité de verdir graduellement leurs parcs sans sacrifier l’autonomie.
Le volet recyclage s’avère plus complexe. Le groupe a signé en 2025 une joint-venture avec une PME bretonne spécialisée dans l’extraction de terres rares. L’objectif : reconditionner localement 60 % des batteries en fin de vie. Le reste alimente la filière stationnaire des réseaux électriques franciliens. L’Agence de la transition énergétique chiffre à 210 MWh l’énergie sauvée chaque année par ce circuit court.
L’inclusion, enfin, se matérialise par un programme baptisé « Mobility for All ». Entre 2024 et 2026, plus de 800 véhicules d’occasion révisés ont été cédés à prix coûtant à des associations d’insertion. La synergie est triple : économie circulaire, responsabilité sociale et visibilité locale. « Chaque voiture placée chez un auto-entrepreneur de livraison est une publicité roulante », note un analyste.
L’article de référence sur la page Wikipédia du groupe Neubauer rappelle que la maison est née avant la Première Guerre mondiale. Qu’une entreprise du début du XXᵉ siècle devienne un acteur de la mobilité bas-carbone au XXIᵉ illustre l’idée de révolution industrielle permanente chère à la dirigeante.
Insight final : la révolution verte, pour réussir, doit être pensée comme un projet social et économique global, non comme une simple ligne marketing.
Pourquoi parle-t-on de révolution dans la distribution automobile ?
La distribution automobile bascule vers le digital, la mobilité partagée et l’électromobilité. Leila Neubauer incarne cette mutation en transformant les concessions en lieux de services plutôt qu’en simples points de vente.
Quelles marques représente le groupe ?
Au total, 25 marques, du généraliste au prestige, sont distribuées dans 51 points de vente en Île-de-France et en Normandie.
Quel est l’impact environnemental des nouvelles initiatives ?
Les toitures solaires couvrent 90 % des sites, 40 % du stock est électrique ou hybride et un programme de recyclage de batteries vise 60 % de revalorisation locale.
Comment le groupe attire-t-il les jeunes talents ?
Grâce à un campus interne, un programme d’apprentissage rémunéré et un mentorat qui valorise autant la technique que la relation client.
Où suivre l’actualité de Leila Neubauer ?
Les mises à jour régulières se trouvent sur LinkedIn mais aussi dans la presse spécialisée, notamment Les Échos, Auto Infos et Wave Autos.
Source: www.lesechos.fr


