Alors que la reprise annoncĂ©e du marchĂ© automobile europĂ©en tarde Ă se concrĂ©tiser, le groupe Stellantis a pris la dĂ©cision de suspendre temporairement lâactivitĂ© de son site de Mulhouse, quelques jours seulement aprĂšs avoir appliquĂ© la mĂȘme mesure Ă lâusine de Poissy. Les arrĂȘts en cascade soulignent la pression qui pĂšse sur lâindustrie : baisse persistante des commandes, inflation des coĂ»ts de production et accĂ©lĂ©ration de la transition vers lâĂ©lectrique. Dans la vallĂ©e de la Doller, oĂč Peugeot, CitroĂ«n et DS Automobiles sortaient encore chaque minute de la ligne, le silence des machines interroge sur la capacitĂ© du secteur Ă se renouveler assez vite. LâĂ©pisode rappelle que les chaĂźnes mondiales dâapprovisionnement restent fragiles, que la demande se contracte et que les investissements nĂ©cessaires Ă lâĂšre « zĂ©ro Ă©mission » modifient radicalement la hiĂ©rarchie des constructeurs. Renault, Volkswagen ou Toyota observent, conscients quâils pourraient ĂȘtre les prochains Ă rĂ©duire la voilure. Entre inquiĂ©tudes sociales, dĂ©fis technologiques et impĂ©ratifs Ă©cologiques, la suspension de Mulhouse devient le rĂ©vĂ©lateur dâune bataille industrielle qui, en 2025, ne fait que commencer.
En bref :
- đŠ Stellantis arrĂȘte la production Ă Mulhouse du 27 octobre au 2 novembre.
- đ·ââïž 2 000 salariĂ©s sur 4 700 concernĂ©s par le chĂŽmage partiel.
- đ Autres fermetures temporaires en Allemagne, Espagne, Pologne et Italie.
- ⥠Objectif : ajuster les stocks et accĂ©lĂ©rer la formation Ă lâĂ©lectrification.
- đ Contraction des immatriculations neuves en Europe : â7 % sur neuf mois.
Suspensions de production : comprendre le contexte économique et industriel de la décision
La mise Ă lâarrĂȘt du site de Mulhouse nâest pas un acte isolĂ©. Depuis le dĂ©but de 2025, Stellantis surveille de prĂšs lâĂ©volution du marchĂ© europĂ©en, oĂč les immatriculations reculent pour la troisiĂšme annĂ©e consĂ©cutive. Les aides publiques Ă lâachat de vĂ©hicules thermiques se rarĂ©fient, tandis que les subventions dĂ©diĂ©es aux modĂšles Ă©lectriques se concentrent sur les gammes les plus vertueuses. Or, les Peugeot 308 et 408, ainsi que le SUV DS7, fabriquĂ©s en Alsace, reposent encore majoritairement sur des motorisations hybrides rechargeables, segment dĂ©sormais concurrencĂ© par des modĂšles 100 % Ă©lectriques moins coĂ»teux venus de Chine.
Lâannonce dâune suspension dâune semaine peut sembler anodine. Pourtant, elle rĂ©vĂšle la nĂ©cessitĂ© pour le constructeur franco-italo-amĂ©ricain de rĂ©guler des stocks jugĂ©s trop Ă©levĂ©s avant la clĂŽture du quatriĂšme trimestre. LâexpĂ©rience rĂ©cente de Poissy, qui observe dĂ©jĂ un chĂŽmage partiel de trois semaines, dĂ©montre que lâoptimisation des volumes est perçue comme lâunique levier Ă court terme pour protĂ©ger la trĂ©sorerie.
Le freinage nâest pas cantonnĂ© Ă la France. En Allemagne, lâusine dâEisenach doit stopper cinq jours ; en Espagne, Saragosse et Madrid rĂ©duisent le rythme pendant sept et quatorze jours respectivement. La Pologne et lâItalie sont Ă©galement impactĂ©es, signe que le ralentissement est paneuropĂ©en. Les donnĂ©es collectĂ©es par lâACEA confirment une baisse moyenne de 7 % des ventes depuis janvier, avec un pic de â12 % sur le segment des compactes.
ĂlĂ©ments dĂ©clencheurs : matiĂšres premiĂšres et taux dâintĂ©rĂȘt
Deux facteurs majeurs expliquent cette conjoncture : la hausse des coĂ»ts de lâĂ©nergie et le renchĂ©rissement du crĂ©dit automobile. Ă Mulhouse, la facture Ă©lectrique de lâatelier de forge a progressĂ© de 40 % sur douze mois, tandis que les taux dâemprunt pour un prĂȘt auto dĂ©passent dĂ©sormais 5 % dans plusieurs pays de la zone euro. Face Ă ces conditions, une part croissante de la clientĂšle repousse lâachat dâun vĂ©hicule neuf, se tourne vers le marchĂ© de lâoccasion ou rĂ©duit la taille de son futur modĂšle.
- đ ĂlectricitĂ© : +40 % en un an
- đ¶ Taux moyen des prĂȘts auto : 5,1 %
- đ Volumes compacts segment C : â12 %
- âïž CapacitĂ© de production Stellantis Europe : 3,2 millions dâunitĂ©s/an
| Usine | ModĂšles produits | Jours dâarrĂȘt | SalariĂ©s affectĂ©s | Emoji |
|---|---|---|---|---|
| Poissy (FR) | Peugeot 2008 | 21 | 1 800 | đ |
| Mulhouse (FR) | Peugeot 308, 408, DS7 | 7 | 2 000 | đ |
| Eisenach (DE) | Opel Grandland | 5 | 1 000 | đ |
| Saragosse (ES) | Opel Corsa | 7 | 1 200 | đ¶ |
Ce tableau montre combien les sites europĂ©ens, malgrĂ© leur diversitĂ©, subissent des dĂ©cisions coordonnĂ©es visant Ă maintenir un taux dâutilisation des usines compatible avec la demande rĂ©elle. La notion de flexibilitĂ©, autrefois rĂ©servĂ©e aux marchĂ©s dâAmĂ©rique latine ou dâAsie, devient la norme sur le Vieux Continent.
Conséquences sociales et organisationnelles pour les équipes de Mulhouse et Poissy
Pendant les sept jours dâarrĂȘt annoncĂ©s, environ 2 000 employĂ©s du site haut-rhinois passeront en activitĂ© partielle. Cette mesure sâaccompagne dâune indemnisation de 84 % du salaire net, financĂ©e conjointement par Stellantis et lâĂtat français dans le cadre du dispositif dâactivitĂ© partielle de longue durĂ©e. Les reprĂ©sentants syndicaux sâinquiĂštent nĂ©anmoins de la rĂ©pĂ©tition de ces pauses productives, qui Ă©rode le moral et fragilise la cohĂ©sion des Ă©quipes.
Pour limiter cet impact, la direction propose un programme de formation accĂ©lĂ©rĂ©e. Les techniciens de ligne suivent des modules dĂ©diĂ©s au montage de batteries haute tension, tandis que les caristes apprennent Ă manĆuvrer des AGV (vĂ©hicules Ă guidage automatique). LâidĂ©e consiste Ă transformer cette pĂ©riode de « vide » en opportunitĂ©, prĂ©parant le passage vers les futures plateformes STLA Medium et STLA Large prĂ©vues dâici 2027.
- đ Formation au diagnostic haute tension
- đ€ Pilotage dâAGV et maintenance prĂ©ventive
- đ» Atelier de simulation ergonomique
- đ ïž Retouche qualitĂ© axĂ©e sur les tĂŽles lĂ©gĂšres
Ătude de cas : lâaccompagnateur de ligne
Lydie, accompagnateur de ligne depuis dix ans, profite de cette semaine de suspension pour obtenir une certification « prĂ©paration poste Ă©lectrique ». GrĂące Ă un partenariat avec le CFA de Dannemarie, elle suivra 35 heures de cours mĂȘlant thĂ©orie et pratique. Ă la reprise, Lydie pourra intervenir sur la 408 hybride et rĂ©aliser les diagnostics de premier niveau sans mobiliser un Ă©lectrotechnicien. Ce gain de polyvalence augmente ses chances de mobilitĂ© interne et sĂ©curise le savoir-faire du site.
| Type de formation | DurĂ©e (h) | Effectifs visĂ©s | Objectif | đŻ |
|---|---|---|---|---|
| Batteries haute tension | 35 | 120 | Polyvalence | đ |
| Maintenance AGV | 20 | 60 | Automatisation | đ€ |
| QualitĂ© tĂŽlerie | 15 | 80 | RĂ©duction dĂ©fauts | đ ïž |
En parallĂšle, les Ă©lus du CSE demandent un soutien psychologique pour les salariĂ©s inquiets. Les arrĂȘts temporaires gĂ©nĂšrent un sentiment dâincertitude, dâautant plus vif que la fermeture dĂ©finitive de Fessenheim, Ă quelques kilomĂštres, reste dans tous les esprits. De nombreux habitants redoutent quâune pause se transforme un jour en arrĂȘt permanent.
Lâenjeu social dĂ©passe toutefois les frontiĂšres alsaciennes. Ă Poissy, lâinterruption de trois semaines concerne 1 800 personnes, dont une part importante dâintĂ©rimaires. Les organisations syndicales notent une baisse de 20 % des heures travaillĂ©es depuis janvier, laissant prĂ©sager des renĂ©gociations sur les temps de pause et les obligations de flexibilitĂ©, notamment les samedis travaillĂ©s.
La rĂ©flexion sur lâavenir des grands sites français ne peut faire lâimpasse sur les enseignements tirĂ©s par dâautres constructeurs. Renault a, par exemple, privilĂ©giĂ© un redĂ©ploiement progressif vers Douai et Maubeuge pour la production de sa gamme Ă©lectrique, Ă©vitant des fermetures sĂšches. Chez Ford, la restructuration allemande a intĂ©grĂ© un plan de reclassement en Pologne, preuve quâun calendrier long et transparent rĂ©duit le choc social. Cette comparaison alimente les dĂ©bats actuels entre les reprĂ©sentants du personnel et la direction de Stellantis.
RĂ©actions de lâĂ©cosystĂšme automobile français et europĂ©en
Le tremblement de terre industriel provoquĂ© par Stellantis nâa pas tardĂ© Ă susciter des commentaires chez les Ă©quipementiers, les transporteurs et les distributeurs. Faurecia, partenaire historique, craint une baisse de charge sur son site de Burnhaupt. Les petites entreprises de la sous-traitance, qui fournissent piĂšces plastiques et faisceaux Ă©lectriques, redoutent quant Ă elles le report des commandes prĂ©vu en fin dâannĂ©e.
Position des pouvoirs publics
Le ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă lâIndustrie Ă©voque « un coup dâarrĂȘt temporaire » et rappelle le soutien de lâĂtat via le plan France 2030. Des aides au re-skilling pourraient ĂȘtre dĂ©ployĂ©es pour prĂ©venir un dĂ©crochage de lâemploi. Localement, la RĂ©gion Grand Est envisage la crĂ©ation dâune plateforme dâincubation afin de diversifier lâactivitĂ© industrielle du bassin mulhousien vers la mobilitĂ© hydrogĂšne.
- đïž Fonds de transition de 25 MâŹ
- đĄ Appel Ă projets mobilitĂ© douce
- đČ Incitations fiscales pour la cyclo-logistique
- đ Observatoire rĂ©gional de lâemploi industriel
Les fĂ©dĂ©rations professionnelles, quant Ă elles, exhortent Ă une relance de la demande : prime Ă la conversion, bonus Ă©largi aux hybrides rechargeables, ou dĂ©fiscalisation des vĂ©hicules de sociĂ©tĂ© Ă©lectrifiĂ©s. Un lobbying qui reste discret face aux impĂ©ratifs budgĂ©taires de lâĂtat.
| Acteur | Proposition | Budget estimé | Impact emploi | Emoji |
|---|---|---|---|---|
| RĂ©gion Grand Est | Plateforme hydrogĂšne | 9 M⏠| +300 | đš |
| Fédérations auto | Bonus hybride | 150 M⏠| Stabilisation | ⥠|
| CollectivitĂ©s locales | Incitation vĂ©lo cargo | 4 M⏠| +120 | đŽ |
Sur le plan mĂ©diatique, les titres Ă©conomiques multiplient les dĂ©cryptages. Parmi les articles les plus consultĂ©s, celui de TF1 Info dĂ©taille les consĂ©quences sur les autres sites français, tandis que Journal de lâAutomobile propose une infographie sur la rĂ©partition des effectifs concernĂ©s.
Les associations de dĂ©fense de lâenvironnement voient dans ces arrĂȘts lâopportunitĂ© dâun rééquilibrage vers la production dĂ©carbonĂ©e. Le collectif « Respire Alsace » estime quâune pause pĂ©riodique, si elle sâaccompagne dâun plan dâinvestissement dans lâĂ©lectrique, pourrait rĂ©duire de 30 % les Ă©missions liĂ©es aux activitĂ©s de lâusine. Dâautres ONG dĂ©fendent la relocalisation de micro-usines assemblant vĂ©hicules lĂ©gers plutĂŽt que de maintenir des sites gĂ©ants calibrĂ©s pour le thermique.
StratĂ©gies dâadaptation : digitalisation, Ă©lectrification et partenariats
Face aux dĂ©fis, Stellantis dĂ©ploie plusieurs leviers. Dâabord, la digitalisation des processus avec la gĂ©nĂ©ralisation de la maintenance prĂ©dictive. Les algorithmes dĂ©tectent les dĂ©rives de consommation Ă©nergĂ©tique et planifient automatiquement lâarrĂȘt dâune machine lorsque le coĂ»t marginal devient trop Ă©levĂ©. Cette pratique, testĂ©e sur la ligne D01 Ă Mulhouse, aurait rĂ©duit la facture de 11 % selon la direction.
Ensuite, lâĂ©lectrification Ă grande Ă©chelle. Les futures Peugeot Ă©lectriques sâappuieront sur des plateformes STLA capables de parcourir 700 km. Pour y parvenir, Stellantis pourrait installer une unitĂ© de prĂ©-assemblage batterie Ă Mulhouse dĂšs 2027, Ă condition dâobtenir des aides pour la dĂ©pollution du sous-sol. Plusieurs partenaires corĂ©ens et taiwanais sont pressentis.
- đ§ Maintenance prĂ©dictive : 11 % dâĂ©conomie
- đ UnitĂ© batterie envisagĂ©e
- đ€ Partenariat cell-to-pack en discussion
- đ± Objectif neutralitĂ© carbone 2038
Partenariats gagnants : lâexemple Toyota
Le rapprochement entre Stellantis et Toyota sur la production de fourgons compacts illustre la valeur dâun partage de coĂ»ts. En mutualisant plateforme et chaĂźne logistique, les deux groupes ont rĂ©duit de 400 ⏠le coĂ»t de revient par vĂ©hicule. Une coopĂ©ration que Stellantis souhaite reproduire avec Volkswagen sur certaines piĂšces dâhabitacle, tandis que des discussions informelles existeraient avec Fiat (marque sĆur) pour intĂ©grer un logiciel de connectivitĂ© commun.
| Partenaire | Projet | Bénéfice estimé | Délai | Emoji |
|---|---|---|---|---|
| Toyota | Fourgons compacts | â400 âŹ/vĂ©hicule | 2026 | đ |
| Volkswagen | PiĂšces dâhabitacle | â8 % | 2027 | đȘ |
| Fiat | Logiciel commun | +5 pts satisfaction | 2026 | đČ |
En combinant ces initiatives, le groupe espĂšre rĂ©duire son point mort de 15 % et se protĂ©ger des fluctuations de marchĂ©. Les analystes de Berenberg jugent lâobjectif ambitieux, mais rĂ©alisable si la demande Ă©lectrique sâaccĂ©lĂšre au rythme anticipĂ©. Le rĂŽle de lâinfrastructure de recharge publique, encore insuffisante dans le Haut-Rhin, reste dĂ©terminant.
Le plan dâadaptation ne se limite pas Ă Stellantis. Chez Opel, la conversion de RĂŒsselsheim en hub 100 % Ă©lectrique avance rapidement. Auto-Moto rappelle que la marque allemande table sur 2030 pour sortir du thermique. CitroĂ«n, de son cĂŽtĂ©, mise sur la micro-mobilitĂ© avec la Ami, preuve quâun positionnement diffĂ©rent peut amortir le choc dâun ralentissement dans le segment C.
Au-delĂ de Mulhouse : quelles perspectives pour lâindustrie automobile europĂ©enne ?
La suspension alsacienne agit comme un rĂ©vĂ©lateur de tendances lourdes : rationnement de la production, transition forcĂ©e vers lâĂ©lectrique et concurrence asiatique exacerbĂ©e. Pour nombre dâobservateurs, 2025 marque la fin dâune Ă©poque oĂč la croissance reposait sur le renouvellement rapide des gammes thermiques. DĂ©sormais, lâinnovation ne se mesure plus seulement en chevaux-vapeur, mais en densitĂ© Ă©nergĂ©tique, en logiciel embarquĂ© et en recyclabilitĂ© des matĂ©riaux.
Les scĂ©narios du cabinet AlixPartners tablent sur un retour Ă la croissance en 2027, tirĂ© par lâessor des flottes dâentreprises Ă©lectrifiĂ©es et lâarrivĂ©e de vĂ©hicules Ă 25 000 âŹ. Dans cette perspective, la fermeture temporaire de Mulhouse pourrait sâinterprĂ©ter comme une pause stratĂ©gique, destinĂ©e Ă prĂ©parer lâusine Ă ces futurs volumes. Cependant, ce calendrier nĂ©cessite des investissements immĂ©diats dans la modernisation des chaĂźnes, faute de quoi la production pourrait glisser vers lâEspagne ou la Slovaquie.
- đ Retour Ă la croissance : 2027
- đ VĂ©hicule Ă©lectrique Ă 25 000 âŹ
- â»ïž 85 % de matĂ©riaux recyclĂ©s visĂ©s
- đ Besoin de requalification de 40 % des opĂ©rateurs
| Facteur clé | Impact 2025 | Impact 2027 | Tendance | Emoji |
|---|---|---|---|---|
| CoĂ»t batterie | 120 âŹ/kWh | 80 âŹ/kWh | âŹïž | đ |
| RĂ©seau recharge | 1 200 000 bornes | 2 000 000 | âŹïž | ⥠|
| Part de marchĂ© chinois | 8 % | 15 % | âŹïž | đ |
| Ămissions moyennes | 95 g COâ/km | 75 g | âŹïž | đ |
Le dĂ©bat sur la rĂ©silience industrielle sâinvite Ă©galement dans les couloirs de Bruxelles. Les eurodĂ©putĂ©s se penchent sur un « Buy European Act » qui rĂ©serverait une partie des marchĂ©s publics aux constructeurs implantĂ©s localement. Si la mesure voit le jour, elle pourrait encourager Stellantis, Renault ou Volkswagen Ă maintenir une base productive forte en France et en Allemagne. En revanche, les nĂ©gociations commerciales avec la Chine sâannoncent dĂ©licates.
Au-delĂ de la macro-Ă©conomie, lâavenir passe par lâagilitĂ©. Les entreprises capables dâintroduire des plateformes modulaires, dâintĂ©grer le recyclage dĂšs la conception et dâadopter un modĂšle logiciel first garderont lâavantage. Une Ă©tude rĂ©cente souligne dâailleurs lâimportance de lâanalyse de cycle de vie pour maĂźtriser les coĂ»ts environnementaux.
Pourquoi Stellantis suspend-il la production Ă Mulhouse ?
Le groupe ajuste ses volumes à la demande européenne en baisse, réduit ses stocks avant la clÎture annuelle et profite de la pause pour réaliser des travaux de maintenance et de formation.
Les salariĂ©s seront-ils indemnisĂ©s durant lâarrĂȘt ?
Oui, 2 000 personnes bĂ©nĂ©ficieront du dispositif dâactivitĂ© partielle avec une rĂ©munĂ©ration nette Ă©quivalente Ă 84 % du salaire habituel, co-financĂ©e par Stellantis et lâĂtat français.
Cette suspension annonce-t-elle une fermeture définitive ?
Rien ne lâindique pour lâheure ; lâarrĂȘt est temporaire. Toutefois, la direction conditionne lâavenir du site Ă la rĂ©ussite de la transition vers la production de vĂ©hicules Ă©lectriques compĂ©titifs.
En quoi la décision de Stellantis impacte-t-elle les fournisseurs ?
Les Ă©quipementiers enregistrent une baisse de charge et doivent adapter leur plan de production. Certains envisagent un chĂŽmage partiel, dâautres accĂ©lĂšrent leur diversification vers de nouveaux clients.
Quels autres constructeurs connaissent des difficultés similaires ?
Renault ajuste les cadences de production de la Clio, Ford rĂ©duit ses volumes en Allemagne, et Volkswagen reporte plusieurs projets dâinvestissement en raison de la baisse des ventes thermiques.
Source: www.franceinfo.fr


