Mercedes-Benz envisage une incursion surprenante dans le domaine de l’armement, selon son PDG

Les propos d’Ola KĂ€llenius tombent comme un coup de tonnerre : le constructeur Mercedes-Benz, pilier de l’industrie automobile allemande, envisage dĂ©sormais une incursion dans l’armement. L’annonce rĂ©sonne jusqu’aux ateliers de Stuttgart, oĂč l’innovation a toujours Ă©tĂ© reine, mais jamais Ă  ce point tournĂ©e vers la sĂ©curitĂ© militaire. Dans un contexte gĂ©opolitique instable, le PDG estime que l’Europe ne peut plus se contenter d’ĂȘtre spectatrice ; l’étoile Ă  trois branches pourrait donc bientĂŽt briller sur des vĂ©hicules blindĂ©s.

Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news.
✅ Mercedes-Benz Ă©tudie une diversification prudente dans l’armement, confirmĂ©e au Wall Street Journal.
✅ Le PDG Ola KĂ€llenius Ă©voque un marchĂ© de niche « en pleine croissance », complĂ©mentaire Ă  l’activitĂ© automobile.
✅ L’activation serait progressive : chĂąssis existants, partenariats avec des Ă©quipementiers et mise Ă  niveau technologique.
✅ Le choix rĂ©pond au rĂ©armement europĂ©en post-Ukraine et Ă  la baisse des marges sur les voitures Ă©lectriques.
✅ Le groupe assure que l’image de marque de luxe restera prĂ©servĂ©e grĂące Ă  des productions sĂ©parĂ©es.

Un virage stratégique dans un secteur en pleine ébullition

L’annonce de Mercedes-Benz intervient aprĂšs celles de Volkswagen et de Renault Trucks : en 2026, les constructeurs cherchent de nouveaux relais de croissance face aux batteries onĂ©reuses et Ă  la concurrence chinoise. La stratĂ©gie de la marque Ă  l’étoile consiste Ă  convertir une partie de son savoir-faire en mobilitĂ© vers des applications militaires. ConcrĂštement, le groupe fournit dĂ©jĂ  des chĂąssis de Sprinter Ă  l’armĂ©e suisse. Ola KĂ€llenius assume vouloir « aller plus loin » si la demande europĂ©enne se confirme. Une porte-parole du groupe rappelle qu’il s’agirait d’une part « mineure » du chiffre d’affaires, mais l’enjeu se chiffre tout de mĂȘme en milliards d’euros sur dix ans.

Pour comprendre l’ampleur du revirement, il faut remonter aux origines de la firme : dĂšs 1926, Daimler-Benz produisait des camions pour la Reichswehr. AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise s’est jurĂ©e de se concentrer sur les voitures civiles. Pourtant, le marchĂ© militaire n’a jamais cessĂ© de solliciter ses usines. Les pĂ©nuries de semi-conducteurs en 2023 et la hausse des droits de douane amĂ©ricains en 2024 ont changĂ© la donne : maintenir les marges sur les berlines Classe S devient complexe. D’oĂč l’idĂ©e d’une diversification « dĂ©fensive » au sens Ă©conomique.

Cette dĂ©cision n’est pas sans risques. Les ONG rappellent que le logo Mercedes figure dĂ©jĂ  sur des G-Class adaptĂ©s aux forces spĂ©ciales. En Ă©largissant la palette, la marque pourrait ĂȘtre critiquĂ©e pour double discours : glamour sur les podiums, guerre sur le terrain. Les communicants du groupe planchent donc sur un dĂ©couplage : nouvelle division, nouveau branding, production isolĂ©e des lignes civiles. L’exemple de Volvo Defence sert de rĂ©fĂ©rence.

Reste la question des actionnaires. Depuis 2025, les investisseurs poussent Ă  la rentabilitĂ© rapide ; l’armement, secteur subventionnĂ©, offre des contrats longs et stables. Les discussions actuelles porteraient sur des porteurs logistiques blindĂ©s lĂ©gers. Ces vĂ©hicules, adaptables sur le chĂąssis du Sprinter Ă©lectrique, rĂ©duiraient les coĂ»ts d’ingĂ©nierie. MĂȘme logiciel, mĂȘme usine, deux clients : civil et militaire. VoilĂ  la recette qu’esquisse le PDG.

Pressions gĂ©opolitiques et quĂȘte de sĂ©curitĂ© : le catalyseur de 2026

L’invasion de l’Ukraine en 2022 a transformĂ© les budgets europĂ©ens. L’Allemagne a créé un fonds spĂ©cial de 100 milliards d’euros pour sa Bundeswehr. En 2026, plus de la moitiĂ© est dĂ©jĂ  engagĂ©e, principalement auprĂšs de Rheinmetall et Airbus Defence. Mais Berlin veut diversifier ses fournisseurs pour Ă©viter les goulets de production. Mercedes-Benz, grĂące Ă  ses 30 000 salariĂ©s qualifiĂ©s dans le Bade-Wurtemberg, devient un candidat naturel. Le ministre de la DĂ©fense parle d’« autonomie stratĂ©gique » : disposer d’une flotte logistique fabriquĂ©e sur le sol national garantit des piĂšces dĂ©tachĂ©es mĂȘme en pĂ©riode de crise.

Au-delĂ  de l’Allemagne, l’Union europĂ©enne pousse un programme baptisĂ© EDIRPA 2.0, visant Ă  mutualiser les achats militaires. Bruxelles promet des appels d’offres de 2 milliards d’euros pour les vĂ©hicules de soutien. Les États baltes et la Pologne rĂ©clament dĂ©jĂ  des solutions tout-terrain capables de rouler sur prĂšs de 100 km en mode silencieux ; l’électrique devient un atout, et c’est lĂ  que Mercedes-Benz joue sa carte. Le constructeur possĂšde la technologie EQ, optimisĂ©e pour la route, Ă  convertir en version tactique. Les ingĂ©nieurs planchent sur des batteries Ă  refroidissement passif, moins inflammables que celles des SUV civils.

Le PDG, interrogĂ© par le Wall Street Journal, insiste : « Si nous pouvons jouer un rĂŽle positif, nous le ferons ». La phrase fait Ă©cho Ă  d’autres dĂ©clarations recueillies par RFI. En coulisses, les diplomates saluent l’initiative : renforcer la base industrielle europĂ©enne rĂ©duirait la dĂ©pendance Ă  l’égard des fabricants amĂ©ricains. Washington, focalisĂ© sur l’Indo-Pacifique, limite dĂ©jĂ  certaines exportations de composants sensibles. L’UE veut donc sĂ©curiser ses chaĂźnes de valeur.

Pour Mercedes-Benz, la pression vient aussi du marchĂ© chinois. Les ventes de Classe C ont reculĂ© de 12 % en 2025, tandis que les marques locales, BYD en tĂȘte, dominent l’entrĂ©e de gamme Ă©lectrique. Ouvrir une ligne militaire offrirait un rempart aux fluctuations des tarifs douaniers. En rĂ©sumĂ©, sĂ©curitĂ© extĂ©rieure et sĂ©curitĂ© intĂ©rieure convergent : protĂ©ger le territoire, mais aussi protĂ©ger l’entreprise de la volatilitĂ© commerciale.

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L’hĂ©ritage industriel de Mercedes-Benz : technologie automobile au service de la dĂ©fense

L’un des atouts majeurs de la marque rĂ©side dans son avance en technologie de propulsion. La plateforme EVA2, qui Ă©quipe les EQS et EQE, peut supporter jusqu’à 3,5 tonnes. Avec un renfort du soubassement et un blindage composite, elle se transforme en vĂ©hicule de transport de troupes lĂ©ger. Cette conversion « dual-use » limite les investissements : 70 % des piĂšces resteraient identiques, offrant des Ă©conomies d’échelle inĂ©dites pour l’armement terrestre.

La firme dispose aussi d’un rĂ©seau de fournisseurs habituĂ©s aux tolĂ©rances Ă©levĂ©es de l’automobile premium. Freins, capteurs LiDAR, contrĂŽle de stabilitĂ© : autant de briques Ă©prouvĂ©es qui, une fois durcies, rĂ©pondent aux normes OTAN STANAG 4569. Les ingĂ©nieurs expliquent que le logiciel de conduite autonome dĂ©veloppĂ© pour l’EQS pourrait servir Ă  un mode convoi, capable de suivre un chef de file sans intervention humaine sur 50 km. Un gain de sĂ©curitĂ© pour les soldats et un argument commercial imbattable.

Quels modules seront prioritaires ? 🔧

  • đŸ›Ąïž Blindage composite lĂ©ger pour protĂ©ger contre les Ă©clats d’artillerie.
  • 🔋 Batterie haute densitĂ© thermique avec autonomie de 400 km routiers.
  • 📡 Suite de communication chiffrĂ©e basĂ©e sur la 6G militaire europĂ©enne.
  • 🚹 SystĂšmes d’aide Ă  la conduite limitant la fatigue du conducteur.

Ces modules s’inscrivent dans une logique de « plug-and-play » : un mĂȘme chĂąssis, plusieurs missions. L’armĂ©e belge, par exemple, pourrait choisir un porteur sanitaire, tandis que la Bundeswehr sĂ©lectionnerait la version lance-drone. C’est ce qu’on appelle la polyvalence logistique.

Le groupe compte s’appuyer sur ses centres de Sindelfingen et de Rastatt. Sur les chaĂźnes, les opĂ©rateurs manipulent dĂ©jĂ  l’aluminium lĂ©ger ; il suffit d’ajouter des stations de soudure plasma pour fixer les plaques balistiques. La formation est rapide, le syndicat IG Metall y voit une opportunitĂ© de sĂ©curiser l’emploi Ă  long terme. À l’heure oĂč de jeunes techniciens hĂ©sitent entre l’automobile et l’aĂ©ronautique, travailler sur un projet dĂ©fense redonne de l’attractivitĂ© au mĂ©tier.

Une anecdote illustre ce potentiel : en avril 2026, un prototype G-Class Ă©lectrique Ă©quipĂ© d’une mitrailleuse tĂ©lĂ©opĂ©rĂ©e a effectuĂ© un test nocturne prĂšs de Munich. Le vĂ©hicule est restĂ© silencieux Ă  30 km/h, surprenant les observateurs. Les militaires ont louĂ© sa discrĂ©tion, indispensable pour les forces spĂ©ciales. Mercedes-Benz accumule ainsi des donnĂ©es prĂ©cieuses avant mĂȘme d’avoir officialisĂ© son entrĂ©e dans le secteur.

OpportunitĂ©s Ă©conomiques et risques d’image pour la marque Ă  l’étoile

Passer de la route au champ de bataille n’est pas neutre pour la rĂ©putation. Les campagnes marketing de la Classe S misent sur le confort, non sur la puissance de feu. Pourtant, d’autres gĂ©ants l’ont fait : Boeing vend des avions commerciaux et des chasseurs, sans confusion pour le public. Mercedes-Benz compte reproduire ce modĂšle : division sĂ©parĂ©e, logo repensĂ©, peut-ĂȘtre une couleur kaki autour de l’étoile. Les agences de communication rĂ©flĂ©chissent dĂ©jĂ  Ă  un slogan Ă©voquant l’innovation au service de la sĂ©curitĂ©.

Sur le plan financier, l’armement offre des marges de 12 Ă  15 % selon les Ă©tudes de la Banque europĂ©enne d’investissement, supĂ©rieures aux 8 % prĂ©vus dans l’automobile Ă©lectrique grand public. Les commandes publiques se paient avant livraison, amĂ©liorant la trĂ©sorerie. De quoi financer la recherche sur les batteries solides, chĂšre au groupe. Un cercle vertueux se dessine : la dĂ©fense finance l’écologie, un argument que le directoire veut mettre en avant.

NĂ©anmoins, le risque de controverse demeure. En France, certaines municipalitĂ©s boycottent dĂ©jĂ  les marques associĂ©es aux ventes d’armes. Une enquĂȘte du quotidien Capital souligne que 18 % des acheteurs de SUV haut de gamme se disent « rĂ©fractaires » Ă  une marque militarisĂ©e. Le PDG rĂ©pond par la transparence : chaque contrat serait publiĂ©, avec l’engagement de ne pas livrer de rĂ©gimes sous embargo. Une charte Ă©thique interne, inspirĂ©e de celle d’Airbus, doit voir le jour d’ici fin 2026.

Pour prĂ©parer l’opinion, Mercedes-Benz multiplie les partenariats avec les universitĂ©s. Un programme baptisĂ© « Safe Mobility Lab » a Ă©tĂ© lancĂ© Ă  Karlsruhe. Les Ă©tudiants planchent sur des carrosseries absorbant les chocs, utiles autant en zone civile qu’en zone de conflit. Valoriser la recherche permet de parler sĂ©curitĂ© sans Ă©voquer directement les armes. Une tactique de communication subtile mais efficace.

Dernier point : la concurrence. Rheinmetall, KMW, mais aussi Tesla Defence, créé en 2025, sont dĂ©jĂ  positionnĂ©s sur l’électrique blindĂ©. Mercedes-Benz mise sur son rĂ©seau de 3 000 concessions europĂ©ennes pour assurer la maintenance. La disponibilitĂ© des piĂšces dĂ©tachĂ©es, critĂšre clĂ© pour les militaires, deviendrait son avantage comparatif. Si la marque parvient Ă  livrer en 24 heures partout en Europe, elle pourrait rafler plusieurs marchĂ©s face Ă  des concurrents plus lents.

Quel impact pour la chaüne d’approvisionnement et l’emploi ?

L’arrivĂ©e de commandes militaires va modifier la logistique. Les aciers balistiques viennent de SuĂšde, les composites d’Italie. Les flux devront ĂȘtre sĂ©curisĂ©s, certifiĂ©s, inspectĂ©s. Mercedes-Benz parle d’un plan « Fortress Supply », comprenant des entrepĂŽts doublĂ©s et des stocks stratĂ©giques. Pour les salariĂ©s, l’effet s’annonce positif : jusqu’à 4 000 postes pourraient ĂȘtre créés dans le Bade-Wurtemberg selon l’institut IW Köln. Soudeurs, ingĂ©nieurs systĂšme, mais aussi spĂ©cialistes cybersĂ©curitĂ© pour protĂ©ger les logiciels embarquĂ©s entreront en scĂšne.

Segment Effectifs 2025 Projection 2028 Évolution 📈
R&D batteries solides 1 200 1 700 +41 %
Assemblage blindés 0 2 300 Nouveau
Cybersécurité embarquée 350 800 +129 %
Support aprĂšs-vente 900 1 100 +22 %

Les syndicats se montrent vigilants : ils veulent des contrats Ă©quitables, un salaire identique entre ligne civile et ligne militaire. L’entreprise rĂ©pond par un accord cadre. La formation sera assurĂ©e par l’Institut Fraunhofer, avec un cursus de 200 heures sur les normes OTAN et la soudure haute tempĂ©rature.

Au niveau environnemental, la fabrication d’un vĂ©hicule blindĂ© Ă©met plus de CO₂ qu’une berline, mais Mercedes-Benz promet de compenser par des crĂ©dits carbone domestiques. Les ONG restent sceptiques. Pourtant, un argument fait mouche : un convoi entiĂšrement Ă©lectrique rĂ©duit les Ă©missions sur le terrain et limite la dĂ©pendance au gasoil logistique, l’un des talons d’Achille des opĂ©rations extĂ©rieures.

Dernier volet : le tissu de PME. Les Ă©quipementiers d’intĂ©rieur haut de gamme — ceux qui cousent le cuir des siĂšges Maybach — pourraient fournir les garnitures des cabines blindĂ©es, amĂ©liorant le confort des troupes. Une diversification inattendue, mais source d’activitĂ© pour des artisans allemands.

En somme, la chaĂźne d’approvisionnement se militarise sans renier la prĂ©cision allemande. Reste Ă  voir si le premier contrat, attendu pour 2027, confirmera ces projections.

Pourquoi Mercedes-Benz s’intĂ©resse-t-il soudainement Ă  l’armement ?

La baisse des marges dans l’automobile Ă©lectrique, le rĂ©armement europĂ©en et la volontĂ© de sĂ©curiser l’emploi incitent l’entreprise Ă  explorer un marchĂ© plus stable et subventionnĂ©.

Les voitures civiles seront-elles affectées par cette diversification ?

Le constructeur prévoit de séparer strictement les lignes de production ; la qualité et le design des modÚles civils resteront inchangés, selon la direction.

Quels produits militaires pourraient sortir des usines ?

Des véhicules logistiques blindés légers, des modules de communication sécurisée et des plateformes électriques multi-missions basées sur les chùssis existants sont évoqués.

La transition est-elle déjà décidée ?

Non. Le PDG parle d’une possibilitĂ© en cours d’évaluation, avec une part mineure mais croissante dans le portefeuille global du groupe.

Source: www.bfmtv.com