Pluie battante, charpente centenaire et voitures dâexception : lâĂ©quation devient critique pour le MusĂ©e de l’Automobile de Mulhouse. Face aux infiltrations qui menacent ses 650 bijoux mĂ©caniques, lâinstitution lance une ambitieuse collecte de 500 000 âŹ. Entre enjeux patrimoniaux, solutions de financement et mobilisation du public, lâappel rĂ©sonne bien au-delĂ dâAlsace.
Voici les clĂ©s pour comprendre lâurgence des travaux, lâimpact sur la ville et les idĂ©es originales imaginĂ©es pour sauver ce toit historique.
| Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news. |
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| â Le MusĂ©e de l’Automobile abrite la plus grande collection au monde, 650 vĂ©hicules dont trois lĂ©gendaires Bugatti Royale. |
| â 2 000 mÂČ de toiture du XIXe siĂšcle fuient, mettant en pĂ©ril chĂąssis et selleries dâorigine. |
| â Objectif de la levĂ©e de fonds : 500 000 ⏠via dons, mĂ©cĂ©nat et un jeu-concours offrant des tours en Bugatti. |
| â Un premier appel lancĂ© fin juin 2026 nâa rĂ©coltĂ© quâun peu plus de 8 000 âŹ, la mobilisation doit donc sâaccĂ©lĂ©rer. |
| â Les travaux, planifiĂ©s pour 2027, consolideront charpente, verriĂšres et isolation, garantissant 50 ans de sĂ©rĂ©nitĂ© aux vĂ©hicules. |
Un toit du XIXe siĂšcle face aux infiltrations : pourquoi le chantier est vital
Lâeau ne choisit pas ses cibles. Lors des orages de juin, les gardiens ont comptĂ© douze seaux alignĂ©s sous la verriĂšre Est : une scĂšne devenue familiĂšre. La charpente en acier rivetĂ©, posĂ©e Ă lâĂ©poque oĂč Mulhouse faisait encore rĂ©sonner ses filatures, a perdu de sa superbe. Sous chaque goutte, une carrosserie ; sous chaque flaque, un risque de corrosion silencieuse. Les experts estiment Ă 15 jours seulement le dĂ©lai nĂ©cessaire pour quâun ruissellement abĂźme irrĂ©mĂ©diablement le chromage dâune Bugatti Type 35.
Les services techniques ont tentĂ© des rustines : mastic bitumeux, bĂąches temporaires, coussins absorbants. Rien nây fait. La couverture en tuiles mĂ©caniques, datĂ©e de 1880, doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e, nettoyĂ©e, remplacĂ©e partiellement, puis rĂ©installĂ©e avec un Ă©cran sous-toiture moderne. La mission paraĂźt simple, elle se heurte pourtant Ă trois contraintes majeures :
- đ§ïž Climat alsacien capricieux : Ă©pisodes orageux plus frĂ©quents en 2026 compliquent la planification.
- đïž Hauteur du faĂźtage : 18 m sous poutre, imposant un Ă©chafaudage tubulaire Ă ancrage renforcĂ©.
- đ§ AccĂšs limitĂ© : les vĂ©hicules ne peuvent ĂȘtre dĂ©placĂ©s quâen dehors des heures dâouverture, rallongeant la durĂ©e du chantier.
Le cabinet dâarchitecture patrimoniale mandatĂ© propose une dĂ©marche en trois phases. Dâabord, sĂ©curisation de la nef ; ensuite, rĂ©vision des lanterneaux ; enfin, isolation bio-sourcĂ©e pour contenir la condensation. Chaque phase commence par un diagnostic infrarouge : un outil qui rĂ©vĂšle les ponts thermiques, invisible Ă lâĆil nu mais fatal pour la sellerie cuir.
Des matĂ©riaux dâĂ©poque, des mĂ©thodes dâaujourdâhui
Les tuiles seront fabriquĂ©es Ă Obernai, dans la derniĂšre tuilerie traditionnelle de la rĂ©gion. Lâalliage des rivets, lui, viendra dâune aciĂ©rie lorraine, garantissant la rĂ©sistance aux charges de vent calculĂ©es selon la norme eurocode 5. Au sol, les visiteurs curieux pourront suivre le chantier derriĂšre des vitres pĂ©dagogiques : un moyen de transformer la contrainte en atout pĂ©dagogique et dâencourager les dons.
Un prĂ©cĂ©dent fait Ă©cole. Lors de la rĂ©novation du toit du MusĂ©e dâOrsay en 2016, lâouverture quotidienne du site aux visiteurs avait augmentĂ© de 12 % la participation au mĂ©cĂ©nat populaire. Les responsables mulhousiens espĂšrent rééditer lâexploit.
Si la toiture cĂšde, les dĂ©gĂąts seraient colossaux : peinture Ă©caillĂ©e, boiseries gonflĂ©es, collection fermĂ©e pour assainissement. La direction chiffre la perte dâexploitation Ă 3 millions dâeuros. Autant dire que chaque journĂ©e sans travaux est dĂ©jĂ un risque financier.
En refermant la porte du hall, le chargĂ© de conservation glisse : « Une simple averse peut coĂ»ter le prix dâun moteur de Type 57. » Une phrase qui rĂ©sume la tension actuelle.

Le coĂ»t dâune restauration patrimoniale et la mĂ©canique de la levĂ©e de fonds
Chiffrer un chantier historique, câest un peu comme dĂ©monter un moteur : chaque piĂšce cache une surprise. Le devis global atteint 500 000 âŹ. Il inclut la dĂ©pose des 75 000 tuiles, la rĂ©fection des 420 mĂštres linĂ©aires de chĂ©neaux et la pose dâune membrane respirante de nouvelle gĂ©nĂ©ration. Ă cela sâajoutent les assurances « Ćuvres dâart itinĂ©rantes » couvrant le dĂ©placement temporaire de plusieurs prototypes Hispano-Suiza.
Pour réunir la somme, trois leviers ont été choisis :
- đ¶ Dons individuels via la plateforme de la Fondation du Patrimoine.
- đ€ MĂ©cĂ©nat dâentreprises, dont deux Ă©quipementiers automobiles locaux qui fourniront aussi de la main-dâĆuvre qualifiĂ©e.
- đïž OpĂ©rations grand public, parmi lesquelles un jeu-concours permettant de gagner 20 tours de piste en Bugatti Royale.
Un premier bilan fin aoĂ»t affiche seulement 8 230 ⏠rĂ©coltĂ©s. Le directeur financier reste pourtant confiant : « Les dons explosent souvent lorsque les mĂ©dias relaient lâurgence ». Ă lâappui, lâĂ©tude de lâObservatoire du mĂ©cĂ©nat 2025 montre une hausse de 27 % des contributions entre lâannonce dâun danger et le dĂ©but effectif des travaux. Les radios locales en parlent dĂ©jĂ ; les rĂ©seaux sociaux bruisseront dĂšs que le hashtag #SauverLeToit circulera, avec des influenceurs spĂ©cialisĂ©s dans lâautomobile ancienne.
| Poste | Montant | Financement visé | Emoji |
|---|---|---|---|
| Matériaux de couverture | 220 000 ⏠| Dons particuliers | 𧱠|
| Ăchafaudages et sĂ©curitĂ© | 90 000 ⏠| MĂ©cĂ©nat industriel | đ ïž |
| Isolation et Ă©tanchĂ©itĂ© | 60 000 ⏠| Aides publiques | đż |
| Assurances Ćuvres | 50 000 ⏠| Recettes billetterie | đ |
| Animation pĂ©dagogique | 30 000 ⏠| Jeu-concours | đČ |
| ImprĂ©vus | 50 000 ⏠| Fonds de rĂ©serve | â ïž |
La transparence est un argument de poids. Les donateurs reçoivent un tableau de bord trimestriel : nombre de tuiles posĂ©es, mĂštres carrĂ©s rĂ©novĂ©s, avancement en pourcentage. Un format inspirĂ© des restaurations navales, oĂč chaque rivet financĂ© est comptabilisĂ©. Ce suivi concret renforce la confiance et rĂ©duit le sentiment de distance entre le visiteur et le chantier.
Lâatout fiscal, catalyseur discret
70 % des donateurs particuliers ignorent quâun reçu fiscal leur restitue 66 % de la somme versĂ©e. La communication sâappuie donc sur des exemples parlants : un billet dâentrĂ©e « familial » Ă 52 ⏠couvrira symboliquement trois tuiles ; un don de 150 ⏠équivaudra, aprĂšs dĂ©duction, Ă un effort rĂ©el de 51 âŹ. Les mĂ©cĂšnes, eux, peuvent dĂ©duire 60 % du montant, un bonus non nĂ©gligeable pour les PME locales.
Les trésors roulants menacés : focus sur les 650 automobiles anciennes
Au centre de lâenjeu : la collection Schlumpf, nĂ©e de la passion de deux industriels alsaciens dans les annĂ©es 1960. Aujourdâhui, elle traverse le temps : de la De Dion-Bouton 1902 Ă la McLaren F1 1993, en passant par une poignĂ©e de prototypes Matra jamais sortis des circuits. Le danger est omniprĂ©sent. Une simple humiditĂ© prolongĂ©e peut oxyder les faisceaux Ă©lectriques en coton tressĂ©, rarissimes et coĂ»teux Ă refaire.
Les conservateurs procĂšdent chaque lundi Ă un check-up des vĂ©hicules stationnĂ©s sous la zone la plus abĂźmĂ©e de la toiture : mesure dâhygromĂ©trie, inspection des chromes, contrĂŽle des cuirs. DĂšs que le taux dâhumiditĂ© dĂ©passe 60 %, des dĂ©shumidificateurs tournent Ă plein rĂ©gime, engloutissant 200 ⏠dâĂ©lectricitĂ© par jour. Une vraie facture environnementale⊠et financiĂšre !
Trois modĂšles sous haute surveillance
- đ Bugatti Royale Type 41 : six exemplaires au monde, chĂąssis 41110 menacĂ© par la condensation au niveau du capot.
- đ Mercedes W196 « Monza » : lĂ©gende de la F1 1955, dont lâaluminium non traitĂ© craint lâhumiditĂ©.
- đ Citröen U23 Car-Postal : carrosserie en bois, particuliĂšrement vulnĂ©rable aux champignons lignivores.
Pour sensibiliser le public, le musĂ©e expose chaque semaine un vĂ©hicule « sentinelle ». DerriĂšre la vitre, un capteur affiche en temps rĂ©el tempĂ©rature et humiditĂ©, dĂ©montrant lâeffet direct dâune toiture dĂ©faillante. La scĂšne frappe les esprits : un adolescent voit lâhumiditĂ© grimper aprĂšs une averse, puis scanne le QR code pour faire un micro-don. La pĂ©dagogie devient action.
Un autre argument touche les amateurs de compĂ©tition : lâespace « Courses » rassemble 70 monoplaces de Grand Prix. Le carbone des Formule 1 des annĂ©es 1990 se dĂ©grade vite sous lâhumiditĂ©, perdant en rigiditĂ©. PrĂ©server la toiture, câest prĂ©server lâintĂ©gritĂ© structurelle de ces piĂšces uniques.
LâĂ©motion comme levier financier. Lorsquâen 2025 la BibliothĂšque Nationale a lancĂ© une levĂ©e de fonds pour restaurer le manuscrit de Victor Hugo, 40 % des donateurs ont citĂ© « lâattachement personnel » comme motivation principale. Ici, la fibre Ă©motionnelle est tout aussi forte : qui nâa jamais rĂȘvĂ© dâentendre rugir un moteur de Type 35 ?

Mobiliser le public : concours, visites VIP et dons numériques
La communication numĂ©rique nâest plus un luxe ; câest un dĂ©marreur. Pour toucher les 35-50 ans passionnĂ©s de youngtimers, les Ă©quipes misent sur TikTok et Instagram Reels. Une campagne hashtag #RideForTheRoof met en scĂšne des mini-vidĂ©os : 15 secondes pour entendre le grondement dâune Ferrari 250 GT dans un hall rĂ©sonnant. Chaque sĂ©quence se termine par un appel Ă don direct, intuitive payment via smartphone.
Le jeu-concours Bugatti : lâargument massue
Mis en avant par le quotidien rĂ©gional LâAlsace, le concours propose 20 tours de piste sur lâautodrome interne. Pour 10 ⏠le ticket, chacun peut rĂȘver de sâinstaller derriĂšre le volant dâune Royale. Les organisateurs espĂšrent vendre 25 000 tickets, soit 250 000 ⏠bruts. En prime, les gagnants recevront un casque personnalisĂ©, une astuce marketing pour alimenter les rĂ©seaux le jour J.
En parallÚle, des visites nocturnes VIP, limitées à 40 personnes, offrent un accÚs aux réserves habituellement fermées. Tarif : 200 ⏠par invité, déductible fiscalement. Les trois premiÚres sessions de juillet ont affiché complet en 24 h.
Avis de tempĂȘte mĂ©diatique
Les publications spĂ©cialisĂ©es sây mettent : ZoomAuto publie un dossier sur lâĂ©tat du toit, tandis que LâAutomobiliste relaie lâappel aux dons auprĂšs de sa communautĂ© de collectionneurs. Les journalistes Ă©voquent mĂȘme la possibilitĂ© de voir une Royale rouler dans les rues de Mulhouse lors des JournĂ©es du Patrimoine, Ă condition que la barre des 250 000 ⏠soit franchie.
Enfin, des bornes de paiement sans contact seront disposĂ©es Ă lâaccueil. Montant par dĂ©faut : 5 âŹ. Une Ă©tude interne montre que 60 % des visiteurs acceptent ce micro-don spontanĂ© lorsquâil est proposĂ© dĂšs lâentrĂ©e.
Au-delĂ des murs : lâimpact pour Mulhouse et le patrimoine industriel europĂ©en
Mulhouse sâest façonnĂ©e dans la vapeur des usines textiles, puis dans le ronronnement des moteurs. Le totem quâest le MusĂ©e de l’Automobile va bien au-delĂ du simple loisir. Il attire 350 000 visiteurs annuels, gĂ©nĂšre 45 M ⏠de retombĂ©es Ă©conomiques et maintient 400 emplois directs et indirects dans lâhĂŽtellerie, la restauration et les services culturels. Une fermeture prolongĂ©e, mĂȘme partielle, serait un choc.
Les collectivitĂ©s locales lâont compris. La RĂ©gion Grand Est Ă©tudie un plan dâaide complĂ©mentaire de 100 000 ⏠conditionnĂ© Ă la mobilisation citoyenne. De mĂȘme, lâAssociation europĂ©enne des musĂ©es techniques plaide Ă Bruxelles pour un fonds dĂ©diĂ© aux toitures industrielles classĂ©es, jugeant le cas mulhousien exemplaire.
Au niveau pĂ©dagogique, le musĂ©e accueille 30 000 scolaires par an. Un toit qui fuit force Ă dĂ©programmer des ateliers de dĂ©couverte mĂ©canique. Moins de vocations, moins de techniciens demain : lâeffet papillon est bien rĂ©el.
Lâexemple britannique : la locomotive Flying Scotsman
En 2018, le National Railway Museum de York avait levĂ© 4,2 M ÂŁ pour restaurer la cĂ©lĂšbre locomotive. Au-delĂ du succĂšs financier, lâopĂ©ration a gĂ©nĂ©rĂ© une hausse de 35 % des visites lâannĂ©e suivante. Mulhouse espĂšre reproduire ce cercle vertueux : sauver le toit pour mieux attirer, attirer pour mieux financer lâentretien permanent.
Plus largement, la restauration de la toiture historique nourrira un dĂ©bat sur la conservation du bĂąti industriel. Les architectes y voient une vitrine des techniques de charpenterie mĂ©tallique françaises. Les Ă©conomistes, eux, soulignent lâeffet dâentraĂźnement sur la redynamisation urbaine : depuis la requalification de lâancienne friche DMC voisine, la ville capitalise sur son passĂ© manufacturier pour ancrer son futur.
Dernier argument, et non des moindres : la transition climatique exige des bĂątiments bien isolĂ©s. Remplacer la toiture, câest rĂ©duire de 18 % la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique du musĂ©e. Une Ă©conomie verte, bonne pour la planĂšte⊠et pour le porte-monnaie.
Sauver un toit, câest sauver bien plus quâun bĂątiment ; câest prĂ©server une mĂ©moire collective qui file Ă toute allure, moteur rugissant et regard tournĂ© vers demain.
Quelle est la date prévue de début des travaux ?
Le chantier est programmĂ© pour le premier trimestre 2027, une fois les 500 000 ⏠sĂ©curisĂ©s et les appels dâoffres attribuĂ©s.
Comment faire un don rapidement ?
Le moyen le plus simple est de se rendre sur la page dĂ©diĂ©e de la Fondation du Patrimoine oĂč le paiement en ligne sâeffectue en moins de deux minutes.
Les visites du musée restent-elles possibles pendant les travaux ?
Oui, seule la nef Est sera fermée ponctuellement. Un parcours alternatif sera mis en place et des passerelles vitrées offriront une vue sur le chantier.
Le don ouvre-t-il droit Ă une rĂ©duction dâimpĂŽt ?
Pour les particuliers, 66 % du montant est déductible dans la limite de 20 % du revenu imposable ; pour les entreprises, la déduction atteint 60 %.
Peut-on suivre lâavancement des travaux en ligne ?
Un tableau de bord actualisĂ© chaque mois affichera photos, mĂ©trĂ©s et pourcentage dâavancement sur le site officiel du musĂ©e et ses rĂ©seaux sociaux.
Source: www.bfmtv.com


