Turin s’apprête à vibrer de nouveau au son des moteurs Itala. Quatre-vingt-dix ans après sa disparition, la marque italienne sort de l’ombre, portée par un montage industriel inédit qui marie design piémontais et ingénierie venue de Canton. Au cœur de la manœuvre : un partenariat stratégique avec GAC, fleuron de l’automobile chinoise, orchestré par DR Automobiles. L’annonce, faite sous les voûtes du MAUTO, relance un nom mythique tout en esquissant les contours d’une mobilité internationale, connectée et durable.
La résurrection d’Itala dépasse le simple retour commercial : elle symbolise la renaissance d’un audacieux esprit pionnier, né lors du raid Pékin-Paris de 1907. Elle illustre aussi la nouvelle carte mondiale de la filière : en 2026, une collaboration internationale bien conçue vaut mieux qu’un nationalisme industriel crispé. Les dirigeants l’ont compris : le défi n’est pas de copier le passé, mais de le réinventer pour un public avide de SUV connectés, sobres et stylés.
Entre mémoire sportive, ambitions écologiques et bataille des coûts, l’affaire Itala s’érige en laboratoire. Un laboratoire où l’autonomie électrique se dose à la sauce italiana, où les plateformes chinoises s’habillent de cuir turinois, et où la 35/45 HP de jadis inspire la 35 d’aujourd’hui. Tour d’horizon, chiffres à l’appui, des enjeux de cette fusion sino-italienne qui promet bien plus qu’un simple retour de logo.
| Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news. |
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| ✅ L’historique Itala revient après 90 ans d’absence grâce à une alliance chinoise signée avec GAC. |
| ✅ Le premier modèle, le SUV compact Itala 35, sera assemblé à Macchia d’Isernia à partir de kits CKD importés de Guangzhou. |
| ✅ DR Automobiles pilote l’opération via le programme Historic Italian Brands, déjà à l’origine de la relance d’O.S.C.A. |
| ✅ Objectif : 30 000 unités par an, moitié export, moitié marché domestique, avec 650 emplois créés dans le Piémont. |
| ✅ L’Itala 35 associe design turinois, infotainment développé à Naples et électrification de niveau 2, pour 450 km d’autonomie. |
Héritage sportif d’Itala, de Pékin-Paris à 2026 : une légende enfin réactivée
Impossible d’évoquer la renaissance d’Itala sans remonter au 10 juin 1907. Ce jour-là, la 35/45 HP à six cylindres, pilotée par le prince Scipione Borghese, s’élance de Pékin pour un périple de 16 000 km. Quarante jours plus tard, le bolide turinois arrive à Paris avec trois semaines d’avance sur ses poursuivants. L’épopée fascine les foules, assoit la réputation d’une marque qui ne produit alors que 300 voitures par an et symbolise l’esprit d’une industrie italienne encore balbutiante. Les rotatives des journaux s’emballent ; la photo du prince sur l’avenue des Champs-Élysées devient virale avant l’heure. Voilà comment Itala conquiert l’Europe.
La Grande Guerre puis la crise de 1929 fauchent l’élan. Les chaînes s’arrêtent en 1935 ; les ateliers de via Caprie tombent en léthargie. À Turin, seuls quelques collectionneurs polissent encore les emblèmes bleus. Pourtant, dans les salons rétro, le nom Itala continue de titiller l’imaginaire, comme une relique de vitesse à moustache et pneus ballon. Il faudra attendre l’essor des réseaux sociaux pour que la nostalgie se mue en business plan. Lorsque Massimo Di Risio, patron de DR Automobiles, rachète le nom en 2023, il ouvre la voie à une innovation inattendue : faire dialoguer le passé héroïque avec les exigences d’un SUV familial.
Cette stratégie n’est pas isolée. Renault ressuscite Alpine, Stellantis rallume Lancia ; même Honda exploite l’aura du mot Civic depuis cinquante ans. Les marques historiques rassurent, captent instantanément l’attention, limitent le budget marketing. Dans ce contexte, faire revivre Itala équivaut à brancher une prise de courant sur un réservoir d’émotions collectives. La difficulté ? Que l’objet final ne paraisse ni vieillot ni gadget. Les ingénieurs turinois ont donc décidé de conserver un seul vestige : le chiffre 35, clin d’œil à la 35/45 HP victorieuse. Pour le reste, chatoyance numérique, écrans OLED, et peintures bicolores évoquant la soie de Como.
La dimension psychologique est capitale. Sur TikTok, le hashtag #ItalaChallenge cumule déjà 7 millions de vues, six mois avant la commercialisation. Les influenceurs publient des reconstitutions du raid Pékin-Paris en trottinette électrique, tandis que le Musée de l’Automobile de Turin organise une expo immersive. Cette effervescence accélère la conversion d’un souvenir en désir d’achat. Or, le désir, en marketing automobile, précède toujours la raison.
La marque mise aussi sur un storytelling mêlant compétition et aventure. Un exemplaire de la future Itala 35 participera au Rallye des Gazelles électrique, entre Essaouira et Merzouga. Objectif : démontrer la robustesse de la chaîne de traction 4×4 e-Twin, dérivée de la GAC Aion V mais calibrée sur les pistes piémontaises. Sur le capot, un logo ovale modernisé rappelle subtilement l’écu originel. Le clin d’œil suffit pour que le passionné ressente la filiation, tandis que le néophyte perçoit juste une signature design séduisante.
Ainsi, la réinvention d’Itala passe d’abord par la mémoire, mais ne s’y enferme pas. Les équipes d’heritage marketing orchestrent ce ballet d’archives et de prototypes. Leur mantra : « Le passé inspire, le futur propulse. » Une maxime qui sonne comme un manifeste pour la suite de notre enquête, dédiée aux détails concrets de l’alliance chinoise qui rend cette aventure économiquement possible.

Un partenariat stratégique sino-italien : les dessous de l’alliance GAC–DR Automobiles 🤝
Les analystes parlent de fusion culturelle ; les financiers préfèrent « joint-venture light ». Concrètement, GAC fournit la plateforme électrique GEP 3, DR Automobiles gère le design, l’homologation européenne et, surtout, l’assemblage final dans son usine de Macchia d’Isernia, modernisée pour l’occasion. Ce schéma CKD (Completely Knocked Down) consiste à recevoir les caisses soudées, les batteries et la chaîne de traction depuis Guangzhou, puis à intégrer la planche de bord, le faisceau électrique et l’habillage intérieur en Italie. Résultat : 40 % de valeur ajoutée locale, seuil exigé pour l’étiquette « Made in Italy ».
Pourquoi GAC ? Le groupe dispose d’une gamme de moteurs électriques efficients et d’usines alimentées à 60 % en énergies renouvelables. Associée à la main-d’œuvre italienne spécialisée dans la sellerie et la mise au point dynamique, la recette paraît gagnante. Selon le cabinet EY, cette collaboration internationale réduit de 23 % le coût total d’un véhicule par rapport à une production intégrale en Europe. Les pièces lourdes voyagent en bateau ; les éléments à forte valeur esthétique naissent en Italie. En prime, la logistique profite de la ligne ferroviaire Xi’an-Valenton, accélérant l’acheminement des batteries LFP en seulement 18 jours.
Le contrat prévoit un transfert de technologies bidirectionnel. Les ingénieurs italiens partagent leur savoir-faire en calibration de suspensions, tandis que GAC ouvre son cloud d’intelligence embarquée IA OS. Grâce à cette plateforme, Itala proposera, dès le lancement, une conduite déléguée de niveau 2+, autorisée sur autoroutes italiennes depuis l’amendement DDL Mobilità de 2025. Une mise à jour OTA déverrouillera même le stationnement autonome en centre-ville, fonction très attendue des flottes d’autopartage.
Sur le plan social, 650 recrutements sont confirmés : 400 opérateurs de chaîne, 150 techniciens de contrôle qualité, 50 ingénieurs NVH et 50 spécialistes UX. L’université Polytechnique de Turin a déjà signé un protocole pour un Master « Design & Sustainable Mobility » coparrainé par Itala. De quoi ancrer durablement la marque dans l’écosystème local. Les syndicats, initialement méfiants, ont salué la relance d’un site qui, sans ce projet, risquait la friche industrielle.
Reste l’enjeu de souveraineté : importer une plateforme chinoise ne met-il pas en péril la fabrication européenne ? Les dirigeants objectent que l’Italie gagne en montée en gamme. Les volumes sur place justifient la création d’un pôle batterie seconde vie, tandis qu’un atelier de packs LFP doit ouvrir en 2027. À plus long terme, la direction rêve d’une cellule R&D dédiée à une motorisation à hydrogène. Pour les puristes, l’honneur national semble donc sauf ; pour les pragmatiques, la rentabilité l’est aussi.
Au final, cette alliance chinoise change la donne : elle offre à Itala l’accès à une technologie mature, tout en valorisant le design latin. Une leçon de partenariat stratégique que d’autres marques suivent de près, comme l’illustre l’article très complet de PowerRacing.

Itala 35 : fiche technique, design et promesse d’innovation durable 🔋
Le SUV compact Itala 35 cristallise l’esprit de réinvention. Long de 4,46 m, il vise le cœur du marché européen, face aux Peugeot 3008, Toyota bZ4X ou Volkswagen ID.4. Son dessin, signé par le studio IDEA à Moncalieri, mélange nervures tendues et arrondis rappelant les gardes-boues de la 35/45 HP originelle. La calandre fermée, ourlée d’un jonc chromé mat, intègre un radar ultra-son pour la conduite semi-autonome. À l’arrière, un bandeau LED forme la lettre « I » quand on freine, clin d’œil subtile aux initiales de la marque.
Sous la carrosserie, la batterie LFP de 73 kWh assure 450 km d’autonomie WLTP. Le double moteur e-Twin délivre 240 kW pour un 0-100 km/h en 6,9 s. Une fonction e-Booster permet de gagner 50 kW pendant 10 secondes pour dépasser en toute sécurité. Côté recharge, 18 minutes suffisent pour passer de 10 à 80 %, grâce à un pic de 180 kW en courant continu. Les clients profitent d’une carte unique donnant accès aux bornes publiques Ionity, Atlante et à plus de 12 000 points EnelX.
À l’intérieur, le cuir éco-tanné de Santa Croce se marie à des inserts en fibre de lin composite, 30 % plus légers que l’aluminium. Un écran de 15 pouces pivotant gère IA OS, tandis qu’un afficheur tête haute projette la vitesse sur la route. Les passagers arrière disposent d’une tablette détachable, logée dans l’accoudoir central. Enfin, un toit solaire de 1,9 m² fournit jusqu’à 4 km d’autonomie quotidienne en été, suffisant pour les déplacements urbains de proximité.
L’innovante suspension MagneRide-Lite, fournie par Marelli, ajuste l’amortissement 500 fois par seconde pour gommer les chaussées dégradées. Un argument clé sur les pavés centenaires de Rome ou les nids-de-poule des périphériques français. Dans le même temps, un filtre plasma neutralise 99,8 % des particules fines, gage de bien-être pour les familles.
| Comparatif 35/45 HP 1907 vs Itala 35 2026 🚗 |
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| Puissance : 75 ch ↔️ 326 ch |
| Vitesse de pointe : 95 km/h ↔️ 180 km/h |
| Carburant : essence 50 octanes ↔️ électricité 0 émission |
| Autonomie : 1 300 km (réservoir + bidons) ↔️ 450 km WLTP |
| Poids : 1 400 kg ↔️ 1 820 kg |
Pour synthétiser, voici les atouts principaux du modèle :
- ⚡ Charge ultra-rapide 800 V
- 🛡️ Conduite autonome niveau 2+
- 🎨 Design italo-moderne signé IDEA
- 🌱 Matériaux durables (lin, cuir éco-tanné)
- 🔊 Sonorité artificielle réglable « Vintage » pour les fans du moteur à explosion
Les médias spécialisés saluent déjà le mélange d’âme historique et de technologie. Le site Automobile-fr Esprit-RI souligne « une démarche originale, ni rétro-design, ni pastiche, mais bien une interprétation contemporaine ». Un compliment rare dans un segment parfois jugé monotone.
Impact sur l’industrie italienne et sur l’emploi : Turin reprend des couleurs 🏭
Turin, berceau de Fiat puis de Stellantis, a perdu 23 000 emplois industriels entre 2010 et 2024. L’arrivée d’Itala agit comme un électrochoc positif. Les carnets de commandes des sous-traitants explosaient déjà en janvier ; 18 PME du Piémont ont obtenu un contrat cadre, de la sellerie au faisceau électrique. L’usine de Macchia d’Isernia, modernisée pour 95 millions d’euros, tourne désormais en deux équipes. La région vise un retour à un taux de chômage de 6,8 % fin 2027, contre 8,4 % aujourd’hui, grâce à la centaine de start-ups créées autour de la mobilité connectée.
La ville mise sur l’effet d’entraînement. Les hôtels affichent complet lors des journées presse ; les restaurants des quartiers San Salvario et Quadrilatero enregistrent +35 % de chiffre d’affaires pendant la Turin Mobility Week, dont Itala devient sponsor titre. Dans les lycées techniques, les filières mécatroniques enregistrent un bond de 40 % d’inscriptions. Le message envoyé aux jeunes : l’automobile n’est plus synonyme de moteur sale, mais de collaboration internationale, de coder, de concevoir et de recycler.
Côté environnement, la municipalité a intégré la future usine dans son plan de neutralité carbone. Des toitures photovoltaïques couvrent 70 % des besoins énergétiques, tandis qu’une chaudière biomasse alimente les cabines de peinture. L’équipementier Pirelli a même relocalisé une ligne pilote de pneus à faible résistance à Turin, attiré par la perspective de fournir Itala en première monte.
Les syndicats veillent. Un accord garantit une clause de réindustrialisation : si les volumes chutent sous 15 000 unités / an, GAC devra transférer à l’usine italienne un deuxième modèle pour préserver l’emploi. Un garde-fou essentiel pour éviter la mésaventure du site Whirlpool de Carinaro, fermé en 2024. Pour l’instant, les prévisions sont optimistes ; les analystes d’IHS tablent sur 34 000 ventes annuelles, portées par des incitations fiscales allant jusqu’à 6 000 € en Italie pour l’achat d’un véhicule zéro émission.
Au-delà de l’emploi direct, l’industrie italienne table sur un rebond de son image. Les visiteurs étrangers redécouvrent Turin comme hub d’innovation. L’université a signé un partenariat Erasmus+ avec deux campus chinois pour des échanges d’experts dans la modélisation CAE. Une preuve, s’il en fallait, que la renaissance d’Itala résonne bien au-delà du périphérique turinois.
Défis à venir et stratégie commerciale : comment Itala compte séduire le monde 🌍
Réapparaître, c’est bien ; durer, c’est mieux. Les patrons d’Itala en sont conscients. Leur feuille de route comporte trois volets. Primo, le réseau. Plutôt que de bâtir des concessions coûteuses, la marque adopte un modèle phygital : show-rooms compacts en centre-ville, livraisons à domicile, essais via bornes mobiles. Le point de vente devient un « laboratoire d’expérience ». Secundo, la gamme. Deux modèles suivront la 35 : un coupé SUV 100 % électrique baptisé « 55 » et un grand monospace familial hybride rechargeable. Tertio, l’export. L’Allemagne, l’Espagne et la France absorberont 50 % des volumes, mais Itala vise déjà l’Australie, marché friand de SUV compacts et réceptif aux produits transalpins.
Le défi principal reste la notoriété. Pour s’imposer face aux géants coréens ou chinois, Itala table sur le contenu. Une web-série suit la préparation d’un prototype pour la course Pikes Peak. L’idée : prouver la robustesse du refroidissement batterie sur 19 km d’ascension. En parallèle, un partenariat avec Netflix produit un docu-fiction historique mêlant images d’archives et scènes actuelles, afin de raconter le fil rouge de la marque. Une façon moderne de faire oublier 90 ans de silence.
La collaboration internationale suppose également des synergies logistiques. Un hub de pièces de rechange ouvre à Barcelone, réduisant de 35 % le délai moyen de livraison pour l’Europe du Sud. GAC fournira cinq ingénieurs détachés pour assister la montée en cadence, tandis que 20 mécaniciens italiens seront formés à Guangzhou, créant une boucle de compétences transcontinentale. Cet échange humain incarne la philosophie de la marque : apprendre ailleurs pour exceller chez soi.
Enfin, la stratégie tarifaire se veut agressive : 38 900 € bonus déduit pour l’entrée de gamme, 45 500 € pour la version 4×4 Ultra. Grâce à la combinaison de coûts chinois et de valeur perçue italienne, le ratio équipement-prix s’annonce redoutable. Les concessionnaires virtuels proposent déjà des pré-commandes, avec remboursement garanti sous 14 jours. En 36 heures, 7 000 réservations ont été enregistrées.
Les concurrents réagissent. Peugeot avance la sortie de son e-3008, Skoda muscle le design de l’Enyaq II. Une saine émulation qui, au final, profite aux consommateurs. Reste à voir si Itala saura maintenir l’élan. Pour les experts, la réponse dépendra de sa capacité à conserver l’agilité d’une start-up une fois passé le cap des 50 000 unités annuelles. Pour le public, la réponse tient surtout à l’émotion. Et sur ce point, l’emblème ovale semble déjà avoir regagné bien des cœurs.
Quand les premiers exemplaires de l’Itala 35 seront-ils livrés ?
Les livraisons commenceront au second trimestre 2026, juste après l’homologation européenne finale prévue en mars.
Où le véhicule sera-t-il fabriqué ?
L’assemblage final aura lieu à Macchia d’Isernia, en Italie, à partir de kits CKD expédiés par GAC depuis Guangzhou.
Quel type de batterie équipe l’Itala 35 ?
Il s’agit d’un pack LFP de 73 kWh, choisi pour sa longévité et sa sécurité thermique, offrant 450 km d’autonomie WLTP.
Y aura-t-il une version sportive ?
Oui, un dérivé 55 GT à double moteur 300 kW et châssis abaissé est annoncé pour 2027, inspiré de l’esprit compétition du raid Pékin-Paris.
Comment réserver le véhicule ?
Une pré-commande peut être effectuée en ligne contre un acompte remboursable de 500 €, avec choix de livraison à domicile ou en hub urbain.
Source: fr.news.yahoo.com


