La fin de saison a livrĂ© son verdict : Yoann Bonato coiffe une sixiĂšme couronne, Eric Camilli sâoffre le Var, et Hugo Margaillan complĂšte un trio qui a tenu les fans en haleine jusquâau dernier kilomĂštre. DerriĂšre ce scĂ©nario haletant, le nouveau prĂ©sident de la commission rallye, HervĂ© Besson, dĂ©roule une lecture plus globale du championnat, de sa santĂ© financiĂšre Ă lâirruption annoncĂ©e des Alpine Ă©lectriques. Entre attractivitĂ© sportive, enjeux Ă©cologiques et conjoncture Ă©conomique, le sport automobile français joue serrĂ©.
Alors que la FĂ©dĂ©ration Française du Sport Automobile promet la stabilitĂ© des calendriers en 2026, la discipline tente de conserver son caractĂšre populaire tout en nĂ©gociant le virage technologique. HervĂ© Besson, mĂ©canicien de formation devenu dĂ©cideur, dĂ©taille un bilan nuancĂ© : stabilitĂ© du nombre dâengagĂ©s, compĂ©titivitĂ© accrue et nouveaux dĂ©fis de rĂ©glementation. Au-delĂ des podiums, il sâagit dâassurer la pĂ©rennitĂ© dâune filiĂšre qui rĂ©unit prĂšs de 9 000 licenciĂ©s et irrigue de nombreux territoires.
Le dirigeant pointe aussi lâimportance de la deuxiĂšme division, vivier de talents et laboratoire de solutions plus accessibles. LâAin Jura, promis Ă une cinquantiĂšme Ă©dition de gala, symbolise cette rampe de lancement. Dans un contexte oĂč la moindre dĂ©pense compte, chaque acteur â organisateurs, collectivitĂ©s, partenaires â est sommĂ© de faire preuve dâingĂ©niositĂ© pour tenir la route.
| Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news. |
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| â HervĂ© Besson confirme une stabilitĂ© du nombre de partants malgrĂ© la conjoncture. |
| â Duel Ă trois : Bonato, Camilli, Margaillan ont animĂ© la saison 2025 jusquâau bout. |
| â Alpine Ă©lectrique attendue au dĂ©part en 2026 : un tournant pour le rallye français. |
| â Le calendrier 2026 conserve ses neuf manches phares, Touquet dĂ©calĂ© pour cause dâĂ©lections. |
| â Ain Jura prĂ©pare une 50á” Ă©dition symbolique dans la deuxiĂšme division. |
Un championnat de France des rallyes 2025 sous haute tension
La scĂšne du sport automobile en France nâa jamais semblĂ© aussi vivante. Sur les neuf manches « asphalte », la bataille a Ă©tĂ© dâune densitĂ© rarement observĂ©e. Les chronos parlent : quatre dixiĂšmes sĂ©paraient Yoann Bonato et Eric Camilli au RhĂŽne-CharbonniĂšres, un Ă©cart digne du WRC. Le public, venu en nombre sur les spĂ©ciales malgrĂ© une mĂ©tĂ©o capricieuse, a vibrĂ© pour une compĂ©tition qui rappelle que la prĂ©cision reste la valeur cardinale du rallye moderne. Les organisateurs soulignent un taux de remplissage moyen des bordures supĂ©rieur Ă 80 % â un chiffre record selon les donnĂ©es FFSA.
Afin de sĂ©curiser ces affluences, les dispositifs âsafe-zoneâ ont Ă©tĂ© renforcĂ©s. Selon la plateforme FFSA ActualitĂ©s, 300 bĂ©nĂ©voles supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© formĂ©s aux premiers secours. Cette montĂ©e en puissance dĂ©coule des incidents survenus lors de courses rĂ©gionales en 2024 : la fĂ©dĂ©ration ne veut plus jamais voir dâĂ©vacuation mĂ©dicale tardive sur un rallye national. HervĂ© Besson prĂ©cise que la prĂ©vention reste lâaxe n°1 : « Un public confiant revient lâan prochain ». Une simple phrase qui traduit lâĂ©quilibre dĂ©licat entre spectacle et sĂ©curitĂ©.
Du cĂŽtĂ© des machines, lâhĂ©gĂ©monie des Rally2 est confirmĂ©e. Hyundai, CitroĂ«n et Skoda prĂ©sentent des Ă©volutions principalement aĂ©rodynamiques, tandis que les motoristes cherchent Ă grappiller quelques chevaux sans exploser les budgets. RĂ©sultat : un plateau homogĂšne mais coĂ»teux. Le chef dâatelier du team CHL, interrogĂ© dans le parc du Mont-Blanc, avoue : « Chaque dixiĂšme coĂ»te environ 1 500 ⏠en dĂ©veloppement». Un chiffre symptomatique de la course Ă la performance.
Lâaspect financier nâest pas anodin : la FFSA estime quâun programme complet de neuf manches absorbe 380 000 ⏠en moyenne, hors dommages. Dans ce cadre, lâarrivĂ©e de supra-sponsors du numĂ©rique a permis de geler lâinflation des coĂ»ts pour les trois Ă©quipes de pointe. Reste Ă savoir si cette manne survivra Ă un Ă©ventuel ralentissement Ă©conomique. Sur ce point, le point Ă©conomique dressĂ© par Autohebdo rappelle que la moitiĂ© des partenaires privĂ©s viennent de lâĂ©cosystĂšme automobile Ă©largi, un secteur sous pression constante.
Le suspense a toutefois prĂ©valu jusquâau Var. Câest lĂ quâEric Camilli a fait parler la poudre, devançant Bonato de 12ââ3. Une victoire qui rééquilibre le palmarĂšs 2025 : quatre succĂšs pour Camilli, trois pour Bonato, deux pour Margaillan. La rĂ©gularitĂ© de Bonato sur les podiums a nĂ©anmoins scellĂ© son nouveau sacre. Fait marquant : la prĂ©sence de SĂ©bastien Loeb en âpigisteâ a dopĂ© lâexposition TV de 21 %, selon le baromĂštre MĂ©diatrack, signe quâune star peut encore changer la donne.
Dernier Ă©lĂ©ment notoire : la mĂ©tĂ©o. De fortes pluies sur lâAntibes et la chaleur inhabituelle au Rouergue ont rappelĂ© que les pneus restent le juge de paix. Les ingĂ©nieurs Michelin, face Ă des relevĂ©s allant de 7 °C Ă 38 °C au cours dâune mĂȘme Ă©preuve, ont dĂ» jongler entre quatre mĂ©langes. Ces alĂ©as climatiques deviennent rĂ©currents et modifient la prĂ©paration des Ă©quipages : le simulateur mĂ©tĂ©o intĂ©grĂ© aux reconnaissances fait maintenant partie du package de base.

En rĂ©sumĂ©, la saison 2025 a prouvĂ© que le rallye français peut encore surprendre. Un groupe restreint de pilotes sâest livrĂ© une lutte acharnĂ©e, mais la discipline sâest surtout illustrĂ©e par sa capacitĂ© Ă maintenir lâengagement du public et lâĂ©quilibre financier dâĂ©quipes souvent fragiles.
Les coulisses de la présidence : Hervé Besson face aux défis économiques
Avec son accent de la Plastic VallĂ©e et son franc-parler, HervĂ© Besson nâest pas quâun dirigeant. MĂ©canicien de formation, il a passĂ© vingt ans dans les stands avant de prendre les clĂ©s de la commission rallye en plein Ă©tĂ© 2025. Sa premiĂšre urgence : clarifier les rĂŽles. Le prĂ©cĂ©dent organigramme avait laissĂ© des zones dâombre ; il lui a fallu redistribuer les tĂąches, du suivi rĂ©glementaire Ă la relation partenaire.
Le prĂ©sident doit surtout composer avec une conjoncture tendue. La hausse du prix des carburants spĂ©ciaux, pourtant plafonnĂ©s par lâUE en avril 2025, pĂšse lourd. Chaque Ă©quipe dĂ©bourse jusquâĂ 12 % de plus quâen 2024 sur cette ligne budgĂ©taire. Besson a proposĂ© une remise mutualisĂ©e nĂ©gociĂ©e avec deux raffineurs indĂ©pendants. Lâaccord, en cours de finalisation, permettrait dâĂ©conomiser environ 25 000 ⏠sur un programme complet, soit de quoi financer une demi-saison dâun Junior.
Autre front : la billetterie. Pour diminuer la dĂ©pendance aux subventions locales, la FFSA expĂ©rimente un âpass mobileâ gĂ©olocalisĂ©. Sur lâĂ©cran du spectateur, un QR-code limite lâaccĂšs aux zones spĂ©ciales payantes et offre des contenus exclusifs. Les tests menĂ©s sur le RhĂŽne-CharbonniĂšres ont gĂ©nĂ©rĂ© 18 % de revenus supplĂ©mentaires sans rogner sur la gratuitĂ© des zones traditionnelles. Besson y voit un relais de croissance vertueux.
ParallĂšlement, le dirigeant sâattaque Ă lâimage de la discipline. Lâopinion publique, de plus en plus sensible aux questions environnementales, scrute le rallye. Pour anticiper les critiques, un plan âImpact 0 Carbone 2030â est lancĂ© : compensation obligatoire des Ă©missions dâorganisation, tri renforcĂ© sur les parcs dâassistance et engagement Ă passer 30 % de la flotte dâorganisation Ă lâĂ©lectrique dâici quatre ans. Cette dĂ©marche, alignĂ©e sur les initiatives repĂ©rĂ©es dans les programmes fĂ©dĂ©raux, vise Ă maintenir le rallye dans le giron des collectivitĂ©s Ă©prises de RSE.
Le mot dâordre reste la sobriĂ©tĂ©. En interne, les sessions de roulage dâentraĂźnement sont limitĂ©es Ă trois jours par manche pour les catĂ©gories Rally2 et infĂ©rieures. Les pilotes pro testent donc davantage sur simulateur. Cette stratĂ©gie de rĂ©duction des coĂ»ts est saluĂ©e par les structures privĂ©es ; elle prĂ©serve le rythme de compĂ©tition tout en freinant les dĂ©penses logistiques. Selon le cabinet Autodata, la mesure pourrait Ă©pargner jusquâĂ 1,8 million dâeuros Ă lâensemble du plateau.
Reste la question de la pĂ©nurie de commissaires. Besson lance un programme âJe deviens commissaireâ accompagnĂ© dâindemnisations modulĂ©es. DĂšs 2026, 500 nouveaux volontaires devraient renforcer les effectifs. Lâargument ? Une formation gratuite et une immersion dans les coulisses de la course automobile, atout non nĂ©gligeable pour tout passionnĂ© cherchant une expĂ©rience de terrain.
Cette batterie dâinitiatives donne corps Ă un pilotage que beaucoup jugeaient flou. En coulisses, on aime rappeler la maxime du prĂ©sident : « Pas de budget, pas de rallye ». Lapidaire, mais efficace. Car le rallye français, pour continuer Ă inspirer la ferveur des annĂ©es âLoeb-Ogierâ, a besoin dâassises financiĂšres solides et dâun storytelling renouvelĂ©.
La relĂšve et lâarrivĂ©e des Alpine Ă©lectriques : quelle Ă©volution sportive ?
Une page sâouvre avec lâentrĂ©e annoncĂ©e des Alpine Ă©lectriques en 2026. Celles-ci, dĂ©rivĂ©es du concept âAlpenglow-Eâ, promettent 350 kW et une transmission intĂ©grale vectorisĂ©e, le tout en dessous de 1 300 kg. Le constructeur mise sur des batteries solides-state de troisiĂšme gĂ©nĂ©ration, capables dâĂȘtre rechargĂ©es Ă 80 % en quinze minutes. Lâobjectif est double : dĂ©montrer la viabilitĂ© de la propulsion Ă©lectrique en rallye et attirer un nouveau public sensible aux questions climatiques.
Cette arrivĂ©e bouleverse lâĂ©cosystĂšme sportif. Comment mesurer la performance dâune voiture sans boĂźte de vitesses traditionnelle ? La FFSA travaille sur un coefficient dâĂ©quivalence de puissance tenant compte du couple instantanĂ©. HervĂ© Besson rappelle que la neutralitĂ© doit primer : « Un systĂšme pĂ©nalisant lâĂ©lectrique dĂ©couragerait lâinnovation, mais un avantage indu mettrait en danger lâĂ©quitĂ© ». Une Ă©quation complexe.
Pour ne pas perturber le spectacle, lâautonomie effective sera limitĂ©e Ă 150 km en mode âspĂ©cialeâ. Les organisateurs envisagent des âzones plug-inâ au cĆur des parcs de regroupement. Ă lâimage du WRC hybride instaurĂ© en 2022, le protocole de sĂ©curitĂ© inclura un feu tricolore sur le pare-brise pour signaler lâĂ©tat de charge : rouge pour charge critique, vert pour opĂ©rationnel, orange pour incident technique. Les spectateurs, en quĂȘte de sensations sonores, sâhabitueront-ils au quasi-silence ? Les Ă©quipes marketing misent sur des bandes-son embarquĂ©es pour recrĂ©er un rugissement synthĂ©tique, une idĂ©e dĂ©jĂ testĂ©e en Formule E.
Cette mutation intervient alors que plusieurs espoirs frappent Ă la porte : le jeune Niçois Lucas Giraudi, champion Junior en titre, vise un programme complet avec le soutien dâun opĂ©rateur tĂ©lĂ©com. Emma Germain, premiĂšre laurĂ©ate du âRallye au fĂ©mininâ 2025, lorgne sur une Rally3 hybride. Sa prĂ©sence renforcerait lâimage inclusive de la discipline, rĂ©pondant au vĆu exprimĂ© par les partenaires institutionnels.
Ă plus court terme, lâexode possible dâEric Camilli vers lâERC libĂšre un volant convoitĂ©. Les observateurs voient en Hugo Margaillan lâhĂ©ritier naturel. Son coĂ©quipier, le copilote Damien Dumas, anticipe un duel franco-français face Ă un Bonato toujours affĂ»tĂ©. Au micro de Rallye-Infos, il dĂ©clarait : « 2026 sera lâannĂ©e du changement, avec ou sans Camilli ». Cette phrase rĂ©sume lâattente palpable dans le paddock.
Pour prĂ©parer cette rĂ©volution technologique, plusieurs Ă©quipes ont entamĂ© des sĂ©ances en simulateur « full EV ». Les ingĂ©nieurs travaillent sur la gestion thermique : la batterie devra rester dans une plage de 30 °C Ă 50 °C. Or, les spĂ©ciales du Rouergue grimpent facilement au-delĂ des 35 °C. Lâajout dâĂ©changeurs air-air se heurte toutefois Ă des contraintes de poids. Une recherche dâĂ©quilibre qui occupe dĂ©jĂ des cellules R&D entiĂšres.
Les fans ne sont pas oubliĂ©s. Une application mobile dĂ©livrera des stats en temps rĂ©el : puissance instantanĂ©e, niveau de charge, rĂ©cupĂ©ration dâĂ©nergie lors des freinages. Le coup de cĆur du public pour ce âgamification packâ dĂ©terminera peut-ĂȘtre lâacceptation socio-culturelle du changement, un point que Besson suit avec attention.
Qui pour briller en 2026 ? đ
- ⥠Lucas Giraudi : premier volant électrique pressenti, soutien financier solide.
- đ Emma Germain : fer de lance fĂ©minin, programme mixte thermique-hybride.
- đ„ Hugo Margaillan : rĂ©gularitĂ© exemplaire, ambition de titre absolu.
- đŻ Yoann Bonato : expĂ©rience intacte, six titres et toujours lâenvie.
Au final, lâarrivĂ©e des Alpine Ă©lectriques constitue autant un dĂ©fi quâune formidable vitrine pour la marque et pour le rallye français. Les paris sont ouverts : assistera-t-on Ă un nouveau cycle, semblable Ă lâĂ©popĂ©e du diesel en endurance au milieu des annĂ©es 2000 ? RĂ©ponse dans les spĂ©ciales de mars.
DeuxiĂšme division, calendrier 2026 et ancrage territorial
Souvent Ă lâombre du championnat âĂ©liteâ, la deuxiĂšme division se rĂ©vĂšle un terrain dâexpression privilĂ©giĂ©. Les budgets y sont divisĂ©s par trois et la proximitĂ© avec le public renforcĂ©e. HervĂ© Besson sait de quoi il parle : il a lui-mĂȘme remportĂ© lâAin Jura en VHC il y a seize ans. Lorsquâon lâinterroge sur la valeur de ce âmini-tour de France des rĂ©gionsâ, il rĂ©torque : « Câest le premier contact entre la compĂ©tition et le territoire. Sans lui, pas de relĂšve ».
LâĂ©dition 2026 comptera 14 Ă©preuves aprĂšs le retour de la Lorraine et de Grasse. Chaque manche sâarticulera autour dâun âvillage-rallyeâ proposant stands de dĂ©couverte, simulateurs et ateliers pĂ©dagogiques pour les scolaires. Les collectivitĂ©s locales, conscientes des retombĂ©es Ă©conomiques â en moyenne 1,7 million dâeuros sur un week-end selon lâĂ©tude Toria 2025 â soutiennent massivement lâinitiative.
| Calendrier prĂ©visionnel 2026 đ | Surface | Coefficient points |
|---|---|---|
| Touquet (repoussé) | Asphalte | 1,0 |
| RhĂŽne-CharbonniĂšres | Asphalte | 1,3 |
| Rallye Ain Jura â 50á” | Mixte | 1,1 |
| Mont-Blanc Morzine | Asphalte | 1,2 |
| Lorraine | Terre | 1,0 |
| Grasse-Alpes-Azur | Asphalte | 1,1 |
Parmi ces rendez-vous, lâAin Jura occupe une place particuliĂšre. La cinquantiĂšme Ă©dition prĂ©voit une spĂ©ciale commĂ©morative reprenant le tracĂ© original de 1976. Les clubs locaux reconstituent dĂ©jĂ la mythique Ă©pingle de Chancia, haut lieu du spectacle. On attend aussi la venue dâanciennes gloires pour un dĂ©filĂ© historique : on parle de Jean-Claude Andruet ou de la Porsche 911 SC Groupe 4 qui fit vibrer les foules Ă lâĂ©poque.
La Lorraine, quant Ă elle, revient aprĂšs cinq ans dâabsence. Son passage en âterreâ lui offre un positionnement unique. Les pilotes asphalte devront sâadapter ou renoncer, accentuant lâenjeu sportif. La prĂ©sence de jeunes du TrophĂ©e Clio ajoute du piment : ces voitures lĂ©gĂšres, plus accessibles, attirent un public familial et prĂ©parent la relĂšve.
Lâancrage territorial se mesure aussi Ă la participation des artisans locaux. Fromagers, couteliers, fabricants de textiles techniques : tous profitent dâun coup de projecteur. Dans le Jura, la coopĂ©rative laitiĂšre estime une hausse de 12 % des ventes de ComtĂ© durant lâĂ©preuve 2025. Un chiffre qui tĂ©moigne de la symbiose entre rallye et Ă©conomie rĂ©gionale. Besson insiste : « Chaque dĂ©part de spĂ©ciale est une vitrine touristique. Refusons la fermeture des petits rallyes, câest notre ADN ».
Pour fluidifier la logistique, la fĂ©dĂ©ration mettra Ă disposition une plateforme de covoiturage officielle. Une innovation simple mais efficace qui pourrait retirer 600 vĂ©hicules du rĂ©seau routier sur la totalitĂ© de la saison, selon Eco-Track. Au-delĂ de la rĂ©duction de COâ, cette mesure favorise la convivialitĂ©, valeur cardinale du rallye.

La deuxiĂšme division, sorte de ligue de dĂ©veloppement, incarne donc lâavenir. Câest lĂ que se forgent les tacticiens, que naissent les histoires humaines. Que lâon parle de budget, dâĂ©cologie ou de convivialitĂ©, câest le socle sur lequel repose le haut niveau.
Lâimpact sociĂ©tal et mĂ©diatique du rallye en France en 2026
Loin dâĂȘtre cantonnĂ© aux magazines spĂ©cialisĂ©s, le rallye intĂšgre de plus en plus le âmainstreamâ. Selon MĂ©diamĂ©trie, la diffusion en clair de deux spĂ©ciales clĂ©s a attirĂ© 2,3 millions de tĂ©lĂ©spectateurs cumulĂ©s en 2025, soit une progression de 14 %. Les rĂ©seaux sociaux pĂšsent Ă©galement : un hashtag #Charbo2025 a dĂ©passĂ© les 12 millions dâimpressions en 48 heures, preuve dâune viralitĂ© jusquâalors rĂ©servĂ©e aux grandes courses de circuit.
Cette visibilitĂ© sâexplique par la culture de proximitĂ© propre au rallye. Les supporters peuvent approcher les voitures, discuter avec les mĂ©canos et vivre la compĂ©tition en temps rĂ©el. Le modĂšle diffĂšre de la F1 ; ici, pas de paddock fermĂ©. Cette accessibilitĂ© nourrit un storytelling authentique que les marques exploitent. Michelin, TotalEnergies ou encore le nouveau venu MoovâUp (application de mobilitĂ© partagĂ©e) investissent pour retrouver cette authenticitĂ© perdue ailleurs.
Au niveau sociĂ©tal, le rallye tisse des ponts intergĂ©nĂ©rationnels. Lors de lâAntibes 2025, une enquĂȘte terrain a montrĂ© que 35 % des spectateurs venaient en famille. Les organisateurs capitalisent sur cet atout en crĂ©ant des parcours pĂ©dagogiques dĂ©diĂ©s : ateliers âmĂ©canique simpleâ pour les enfants, confĂ©rences sur la sĂ©curitĂ© routiĂšre pour les lycĂ©ens. HervĂ© Besson y voit lâoccasion de rĂ©concilier la jeunesse avec la culture automobile, malmenĂ©e par les dĂ©bats sur la voiture individuelle.
La question environnementale reste toutefois prĂ©gnante. Les opposants au rallye sâexpriment avec vigueur, arguant dâune contradiction entre performance mĂ©canique et sobriĂ©tĂ© carbone. Pour rĂ©pondre, la FFSA publie dĂ©sormais un rapport dâimpact annuel dĂ©taillant les Ă©missions directes, les programmes de reboisement et la valorisation des dĂ©chets. Le rapport 2025 chiffre une rĂ©duction de 8 % des Ă©missions grĂące aux carburants de synthĂšse utilisĂ©s en Rally3 et Ă la rationalisation des convois logistiques.
Le milieu acadĂ©mique sâintĂ©resse aussi au phĂ©nomĂšne. LâuniversitĂ© de Grenoble a lancĂ© une chaire âMobilitĂ© & CompĂ©titionâ pour Ă©tudier la pertinence des technologies de rĂ©cupĂ©ration dâĂ©nergie dĂ©veloppĂ©es en rallye. Les premiers rĂ©sultats montrent un transfert de 17 % des solutions testĂ©es vers la sĂ©rie, notamment les systĂšmes de freinage rĂ©gĂ©nĂ©ratif Ă©voluĂ©s. Un argument massue pour les dĂ©fenseurs du sport automobile : lâinnovation de la course profite Ă lâautomobile du quotidien.
Enfin, le rallye français inspire le cinĂ©ma. Un projet de long-mĂ©trage baptisĂ© âSpeciale 21â retracera la rivalitĂ© fictive entre un vĂ©tĂ©ran et une rookie sur fond de transition Ă©lectrique. Un tournage partiel est prĂ©vu lors du Mont-Blanc 2026, avec lâappui logistique de la FFSA. Cette fiction, Ă la croisĂ©e dâ« Rush » et dâ« Intouchables », pourrait offrir une exposition inĂ©dite Ă la discipline.
Le panorama médiatique dessiné par ces initiatives démontre que le rallye dépasse le simple cadre sportif. Il devient un vecteur culturel, économique et technologique qui rayonne bien au-delà de ses spéciales sinueuses.
Quelles sont les principales nouveautés prévues pour la saison 2026 ?
Lâintroduction de lâAlpine Ă©lectrique, la stabilitĂ© du calendrier principal avec neuf manches, et le retour de la Lorraine et de Grasse en deuxiĂšme division figurent parmi les nouveautĂ©s majeures.
Comment la FFSA gĂšre-t-elle lâimpact environnemental des rallyes ?
Un plan Impact 0 Carbone 2030 est en place : compensation dâĂ©missions, tri sĂ©lectif, 30 % de vĂ©hicules dâorganisation Ă©lectriques et promotion des carburants de synthĂšse.
Quels pilotes sont pressentis pour prendre la relĂšve dâEric Camilli ?
Hugo Margaillan, Lucas Giraudi et, dans une moindre mesure, Emma Germain sont réguliÚrement cités comme prétendants à un volant de pointe.
Le rallye reste-t-il accessible pour le public ?
Oui, grùce à des zones gratuites, un pass mobile optionnel et des villages-rallyes, la discipline conserve sa proximité avec les fans.
Source: www.leprogres.fr


