Le sĂ©isme annoncĂ© chez Volkswagen secoue lâAllemagne industrielle et fait vaciller la confiance des salariĂ©s. Trois mois aprĂšs avoir Ă©voquĂ© 50 000 rĂ©ductions dâemplois, le constructeur envisage dĂ©sormais dâen supprimer jusquâĂ 100 000, soit prĂšs de 15 % de ses effectifs mondiaux. DerriĂšre la brutalitĂ© des chiffres, un dĂ©fi : rĂ©inventer un modĂšle Ă©conomique mis sous pression par lâĂ©lectrification, la flambĂ©e Ă©nergĂ©tique et la concurrence chinoise.
Ces coupes nâont encore rien dâofficiel, mais les discussions internes filtrent et attisent lâinquiĂ©tude. Quatre usines allemandes seraient menacĂ©es, faisant planer lâombre dâune friche industrielle sur des rĂ©gions entiĂšres. Les syndicats promettent une bataille sans prĂ©cĂ©dent, tandis que les actionnaires exigent des marges rehaussĂ©es. Au cĆur de ce bras de fer, lâinnovation technologique et la stratĂ©gie mondiale du groupe dessinent un horizon incertain pour plus dâun demi-million de salariĂ©s.
Au-delĂ de Wolfsburg, câest toute lâĂ©conomie europĂ©enne de la voiture qui retient son souffle. La transformation majeure voulue par la direction pourrait remodeler la chaĂźne de valeur, de la fonderie aux services numĂ©riques embarquĂ©s. Entre menaces sociales et promesses dâavenir, lâhistoire de Volkswagen devient un cas dâĂ©cole pour comprendre la mutation de lâindustrie automobile en 2026.
| Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news. |
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| â JusquâĂ 100 000 postes menacĂ©s chez Volkswagen, soit le double du plan annoncĂ© en mars. |
| â Quatre usines allemandes sur la sellette : Emden, Salzgitter, Zwickau et Dresde. |
| â Contexte tendu : coĂ»ts de lâĂ©nergie, percĂ©e chinoise, virage Ă©lectrique encore trop coĂ»teux. |
| â Les syndicats IG Metall et les reprĂ©sentants des salariĂ©s promettent une mobilisation massive. |
| â Objectif affichĂ© : rĂ©duction dâemplois pour financer lâinnovation et la rĂ©organisation des marques. |
| â Impact potentiel sur lâĂ©conomie rĂ©gionale et les chaĂźnes de sous-traitance europĂ©ennes. |
Un choc social sans précédent pour les salariés allemands
Lâannonce officieuse dâune possible rĂ©duction dâemplois atteint une ampleur inĂ©dite. Entre Wolfsburg et Hanovre, on murmure dĂ©jĂ le chiffre de 100 000, un nombre capable de changer la physionomie du marchĂ© du travail en Allemagne. Les coupes envisagĂ©es dĂ©passent largement les plans passĂ©s de 2016 ou 2020, oĂč les nĂ©gociations sâĂ©taient soldĂ©es par des dĂ©parts volontaires et des prĂ©retraites ciblĂ©es. Cette fois, la direction nâexclut plus les licenciements secs si les crĂ©dits carbonĂ©s et les coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques poursuivent leur escalade.
Dans les parkings des sites de production, les conversations tournent autour dâun seul mot : restructuration. La crainte se lit dans les gestes simples : des ouvriers prennent en photo leur badge, comme pour figer un souvenir. Au cafĂ© de la porte B de lâusine de Wolfsburg, un soudeur Ă©voque les discussions internes : « on parle dâun plan dĂ©cennal, jamais vu ». Les syndicats confirment. IG Metall, fort de ses 2,2 millions dâadhĂ©rents, a dĂ©pĂȘchĂ© des Ă©quipes dâurgence dans les antennes locales. Objectif : documenter les mĂ©tiers menacĂ©s et dresser la carte des compĂ©tences transfĂ©rables.
Lâonde de choc dĂ©passe les grilles des usines. Les municipalitĂ©s craignent un effritement du tissu Ă©conomique. Ă Emden, citĂ© portuaire de 50 000 habitants, la fermeture totale de lâatelier dâassemblage serait, selon le maire, « une catastrophe pour les commerces de proximitĂ© ». Les Ă©coles techniques sâinquiĂštent aussi : depuis des annĂ©es, leurs cursus de mĂ©catronique sâalignent sur les besoins du groupe. Une saignĂ©e dâemplois repousserait les jeunes diplĂŽmĂ©s vers dâautres secteurs, affaiblissant la main-dâĆuvre locale.
Face Ă cette perspective, le conseil de surveillance â oĂč siĂšgent lâĂtat de Basse-Saxe, les salariĂ©s et la famille Porsche-PiĂ«ch â tient un rĂŽle dâarbitre. La rĂ©union du 9 juillet est attendue de pied ferme : elle dĂ©cidera de la suite. Les reprĂ©sentants de salariĂ©s disposent de la moitiĂ© des voix. Sâils sâunissent aux pouvoirs publics rĂ©gionaux, ils peuvent bloquer un plan jugĂ© trop radical. Mais les actionnaires privĂ©s avancent un argument de poids : sans Ă©conomies rapides, le groupe risque de perdre son investissement massif dans le logiciel et la batterie.
La situation allemande rĂ©sonne jusque dans les filiales Ă©trangĂšres. Au BrĂ©sil, au Mexique, en Chine, les Ă©quipes observent la scĂšne, redoutant un effet domino. En 2026, le rĂ©seau mondial de Volkswagen compte encore 120 usines, mais la moitiĂ© pourrait ĂȘtre redimensionnĂ©e. Dâailleurs, un manager confie sous anonymat que « le plan sur dix ans prĂ©voit dâallĂ©ger chaque entitĂ© dâau moins 5 % de ses effectifs ».
Sur le plan politique, Berlin suit le dossier de prĂšs. Le ministre de lâĂconomie rappelle que le Pacte pour lâIndustrie, signĂ© en dĂ©but dâannĂ©e, mise prĂ©cisĂ©ment sur lâinnovation pour sauvegarder lâemploi. La tension est telle que certains comparent dĂ©sormais cette crise Ă la fermeture des mines de la Ruhr dans les annĂ©es 90.
Pour maintenir la mobilisation mĂ©diatique, les syndicats brandissent lâexemple de PSA ou de Ford qui, en Europe, ont limitĂ© la casse grĂące Ă des business-unit dĂ©diĂ©es au rĂ©trofit et au recyclage de batteries. Ils exigent que Volkswagen adopte la mĂȘme stratĂ©gie pour retenir un maximum de compĂ©tences dans le giron du groupe.
En attendant, le moral des salariĂ©s vacille. Les psychiatres dâentreprise voient affluer des demandes dâaccompagnement. Les RH distribuent des documents sur la reconversion, signe que le scĂ©nario extrĂȘme nâest plus tabou. La phase cruciale sâouvrira aprĂšs lâĂ©tĂ© : câest Ă ce moment que les notices dâinformation lĂ©gales devront ĂȘtre envoyĂ©es si le plan est confirmĂ©.
Dernier point de friction : lâimage de la marque. Un constructeur qui licencie massivement peut-il encore vanter la fiabilitĂ© et la solidaritĂ© ? Les experts en communication de crise rappellent que, pour Toyota en 2009, il avait fallu trois ans pour regagner la confiance aprĂšs une coupe de 30 000 postes. Volkswagen joue donc une partie de rĂ©putation aussi importante que ses Ă©conomies budgĂ©taires.

Pourquoi la direction parle de transformation plutÎt que de simple austérité
Lâexpression « transformation majeure » revient sans cesse dans les communiquĂ©s de Volkswagen. Le PDG insiste : « Ce nâest pas un plan dâaustĂ©ritĂ©, câest un pivot vers la mobilitĂ© logicielle ». ConcrĂštement, trois dĂ©fis poussent le groupe Ă engager cette rĂ©duction dâemplois : la montĂ©e des coĂ»ts de production en Europe, lâavance technologique des marques chinoises sur lâĂ©lectrique, et la nĂ©cessitĂ© de libĂ©rer des ressources pour le logiciel propriĂ©taire Cariad.
Premier dĂ©fi : le prix de lâĂ©nergie. Depuis la crise gaziĂšre de 2022, lâĂ©lectricitĂ© industrielle allemande reste 30 % plus chĂšre quâen Chine ou aux Ătats-Unis. Faire tourner un four dâaluminium Ă Salzgitter coĂ»te 5 millions dâeuros par mois, contre 3,5 millions dans le Zhejiang. Le diffĂ©rentiel ronge la marge opĂ©rationnelle dĂ©jĂ minĂ©e par le COâ pricing.
DeuxiĂšme dĂ©fi : la concurrence asiatique. En 2025, BYD a franchi la barre des 3 millions de vĂ©hicules exportĂ©s. Ses modĂšles Dolphin et Seal, tous deux purement Ă©lectriques, arrivent en Europe Ă des tarifs battant ceux de la Golf. Volkswagen se voit forcĂ© de rĂ©pliquer, mais la plateforme MEB, pourtant rĂ©cente, reste 10 % plus coĂ»teuse Ă produire que lâarchitecture e-Platform 3.0 des concurrents chinois.
TroisiĂšme dĂ©fi : lâempilement des investissements digitaux. Le budget R&D de Cariad absorbe 2,5 milliards dâeuros par an. Tant que ces logiciels maison ne seront pas dĂ©ployĂ©s, ils ne gĂ©nĂšrent aucun revenu. Les actionnaires exigent donc des Ă©conomies rapides pour financer ce virage.
La direction trace une Ă©quation simple : Ă©conomiser 10 milliards dâeuros dâici 2030. Sur ce total, 60 % viendraient de la rĂ©duction dâemplois, 20 % de la rationalisation du portefeuille de marques, 10 % de la fermeture dâusines et le reste dâune nouvelle politique dâachats.
| Objectif 2030 | Montant visĂ© | Source dâĂ©conomies | Indicateur clĂ© |
|---|---|---|---|
| đ¶ RĂ©duction de coĂ»ts | 10 Mds ⏠| Effectifs & sites | Marge opĂ©rationnelle â„ 8 % |
| ⥠Transition électrique | 7 Mds ⏠| Nouvelles plateformes | Coût batterie/kWh †80 ⏠|
| đ„ïž Logiciel embarquĂ© | 5 Mds ⏠| Cariad + IA conduite | OTA updates sur 100 % gammes |
| đ NeutralitĂ© carbone | 3 Mds ⏠| Usines vertueuses | Scope 3 rĂ©duit de 30 % |
Le groupe assume donc un virage technologique. Sur le campus de Wolfsburg, un nouveau bĂątiment â le Digital Hub â pousse Ă la place dâun ancien hall de tĂŽlerie. Un symbole : remplacer la tĂŽle par le code. Mais cette mue est coĂ»teuse en capital humain ; les mĂ©tiers de lâemboutissage ou de la peinture sont moins nĂ©cessaires dans un monde de plateformes partagĂ©es oĂč les carrosseries se standardisent. Ă lâinverse, les ingĂ©nieurs logiciels manquent encore. La direction prĂ©voit de supprimer trois postes en production pour chaque nouvel emploi dans le code.
Pour convaincre, Volkswagen met en avant les partenariats signĂ©s avec Mobileye et Northvolt. Objectif : produire en interne les cellules de batterie et contrĂŽler les mises Ă jour Ă distance. Le groupe cite Ă©galement un entretien accordĂ© Ă Euronews oĂč le PDG explique que « le modĂšle concevoir-en-Allemagne et exporter-partout sâessouffle ». DĂ©sormais, chaque rĂ©gion devra produire localement, quitte Ă fermer des usines europĂ©ennes jugĂ©es trop chĂšres.
Cette stratĂ©gie nâest pas isolĂ©e. Ford a dĂ©jĂ converti Cologne en hub Ă©lectrique, Renault rationalise Douai. La diffĂ©rence : lâampleur. Avec 657 000 salariĂ©s, Volkswagen affronte une inertie bien plus forte. Chaque dĂ©cision se heurte Ă la culture dâentreprise hĂ©ritĂ©e de lâaprĂšs-guerre, oĂč le compromis social demeurait la rĂšgle.
Les analystes financiers, eux, saluent la fermetĂ© de la direction. Un rapport dâInvezz note que lâaction a bondi de 4 % aprĂšs les premiĂšres rumeurs de suppressions, anticipant un regain de rentabilitĂ©. Les syndicats y voient la preuve que « la Bourse applaudit quand lâouvrier trinque ».
Quatre usines menacĂ©es : radiographie dâun tissu local fragilisĂ©
Emden : la symbolique dâun port automobile
Sur la cĂŽte de la mer du Nord, Emden vit depuis soixante ans au rythme des cargos chargĂ©s de Golfs destinĂ©es Ă lâAmĂ©rique du Nord. Si lâatelier ferme, 8 000 emplois directs et 12 000 indirects sâĂ©vaporeraient. Les services municipaux calculent dĂ©jĂ un manque Ă gagner annuel de 70 millions dâeuros pour la fiscalitĂ© locale. Les hĂŽtesses du ferry Emden-Borkum redoutent une chute de frĂ©quentation, car bon nombre dâouvriers profitaient de leurs week-ends pour naviguer sur les Ăźles frisonnes.
Salzgitter : le cĆur mĂ©tallurgique
Ici, se trouve la plus grande fonderie de blocs-moteurs dâEurope. Mais lâĂ©lectrification rĂ©duit la demande en piĂšces coulĂ©es. Les 6 000 salariĂ©s redoutent dâĂȘtre remplacĂ©s par une giga-factory de batteries oĂč le personnel sera deux fois moins nombreux. Le Land de Basse-Saxe, actionnaire Ă 20 %, insiste pour reconvertir le site plutĂŽt que de le fermer. Une proposition Ă©voque un centre europĂ©en de recyclage de batteries, gĂ©nĂ©rant 2 000 postes, mais le financement reste flou.
Zwickau et Dresde : lâEst allemand en alerte
AprĂšs la rĂ©unification, Volkswagen avait Ă©tĂ© perçu comme le sauveur de cette rĂ©gion. Câest lĂ que sortent les ID.3 et ID.Buzz. Pourtant, la baisse des commandes en 2025 force la direction Ă envisager un arrĂȘt de la production du modĂšle Ă©lectrique dâentrĂ©e de gamme. Les Ă©lus locaux crient Ă la trahison, rappelant les subventions versĂ©es pour moderniser la ligne.
Au total, prĂšs de 28 000 postes directs seraient menacĂ©s par la fermeture de ces quatre sites. Mais lâeffet domino touche aussi les sous-traitants. Continental, Mahle, Schaeffler anticipent un repli de carnet dâenviron 15 % si Volkswagen retire ses commandes. Le principal syndicat de la mĂ©tallurgie chiffre Ă 180 000 les emplois pĂ©riphĂ©riques exposĂ©s.
Dans ce contexte, les tĂ©moignages se multiplient. Une responsable de ligne Ă Zwickau confie : « On nous a formĂ©s Ă lâĂ©lectrique en 2020. Aujourdâhui on se demande si tout cela Ă©tait un mirage ». Une angoisse partagĂ©e par les apprentis qui craignent de terminer leur cursus sans poste fixe. Les Ă©coles duales songent Ă diversifier leurs partenariats vers lâaĂ©ronautique ou les Ă©nergies renouvelables.
Les autorités locales battent le rappel des investisseurs pour amortir le choc. Des bailleurs de fonds envisagent de transformer Emden en hub hydrogÚne, profitant du port et des parcs éoliens offshore. à Salzgitter, la Chambre de commerce évoque un incubateur de start-up dans la technologie de la pile à combustible. Mais ces chantiers nécessitent du temps et un consensus sur le financement public.
Pour lâheure, seule certitude : les salariĂ©s seront consultĂ©s. Le comitĂ© dâentreprise rappelle quâen vertu de la cogestion, toute fermeture impose un plan social nĂ©gociĂ©. Celui-ci pourrait inclure des primes de dĂ©part, des reconversions vers les services logistiques ou la maintenance de bornes de recharge. Le prĂ©cĂ©dent dâOpel Bochum en 2014 â 5 000 licenciements â montre que la phase de reclassement peut durer cinq ans.
La presse allemande sâempare du dĂ©bat. BFMTV dĂ©crit la situation comme « un tournant historique », tandis que Le Monde analyse les risques dâeffet boule de neige sur les partenaires.
ChaĂźne dâapprovisionnement et innovation : un Ă©quilibre Ă rĂ©inventer
La dĂ©cision de Volkswagen aura des rĂ©percussions bien au-delĂ de ses propres salariĂ©s. Toute lâindustrie automobile europĂ©enne fonctionne en rĂ©seau. Un seul vĂ©hicule peut intĂ©grer jusquâĂ 4 000 composants issus de plusieurs centaines de fournisseurs. En 2026, la moitiĂ© des usines allemandes sous-traitent des modules de cockpit, des cablages ou encore des puces Ă©lectroniques spĂ©cialement conçues pour la plateforme MEB. Si la production chute de 15 %, ces Ă©quipementiers devront trouver de nouveaux dĂ©bouchĂ©s ou rĂ©duire leurs capacitĂ©s.
La Chambre europĂ©enne des fournisseurs (CLEPA) estime que 225 000 emplois additionnels sont exposĂ©s. Certaines entreprises, comme Bosch, disposent de portefeuilles diversifiĂ©s et pourront basculer vers lâaĂ©ronautique ou les Ă©lectromĂ©nagers connectĂ©s. Dâautres, plus spĂ©cialisĂ©es, risquent la faillite. Le cluster de BaviĂšre, centrĂ© sur lâinjection plastique automobile, a dĂ©jĂ perdu 8 % de son chiffre dâaffaires au premier trimestre 2026.
Les dĂ©fis dâinnovation face Ă la concurrence mondiale
Pour rester dans la course, Volkswagen doit accélérer. Le géant travaille sur trois axes :
- đ Nouvelles chimies de batterie : alliances avec Northvolt pour rĂ©duire la dĂ©pendance asiatique.
- đ Plateforme logicielle unifiĂ©e : objectif de mises Ă jour OTA chaque mois, Ă la Tesla.
- đ Production locale : usines modulaires capables de changer de modĂšle en 48 heures.
Mais ces ruptures demandent des investissements massifs. DâoĂč un paradoxe : rĂ©duction dâemplois pour financer lâinnovation. Les Ă©conomistes de lâInstitut IW Köln rappellent que lâAllemagne a dĂ©jĂ vĂ©cu un choc similaire dans les annĂ©es 2000 avec la transition vers le numĂ©rique. Ă lâĂ©poque, les pertes dâemplois industriels avaient Ă©tĂ© compensĂ©es par 1,8 million dâemplois dans les services IT. Cependant, la temporalitĂ© nâest pas la mĂȘme. La conversion dâun soudeur robotique en dĂ©veloppeur full-stack ne se fait pas en six mois.
La Commission europĂ©enne veut Ă©viter un scĂ©nario social douloureux. Elle prĂ©pare un fonds de transition de 4 milliards dâeuros dĂ©diĂ© aux compĂ©tences vertes. Les formations ciblent les techniciens de borne de recharge, les spĂ©cialistes en recyclage de batterie et les data analysts. Un rĂ©seau pilote, baptisĂ© E-Mobility Campus, devrait fĂ©dĂ©rer universitĂ©s et industriels.
Sur le terrain, la rĂ©sistance sâorganise. Les syndicats rĂ©clament que la moitiĂ© des Ă©conomies dĂ©gagĂ©es par la restructuration soient flĂ©chĂ©es vers la formation continue des salariĂ©s. Ils citent en exemple le modĂšle scandinave des « fonds compĂ©tences », oĂč chaque licenciement finance un crĂ©dit de formation pour lâemployĂ©.
Au final, lâavenir de la chaĂźne dâapprovisionnement europĂ©enne dĂ©pendra de la capacitĂ© Ă transformer la menace en opportunitĂ©. Si Volkswagen rĂ©ussit, il pourrait entraĂźner lâĂ©cosystĂšme dans un cercle vertueux dâinnovation. Sinon, lâEurope risque de perdre un pan entier de sa souverainetĂ© industrielle.

Que deviennent les salariés ? Scénarios de reconversion et filets de sécurité
La survie professionnelle des 100 000 salariĂ©s concernĂ©s ne se joue pas seulement Ă Wolfsburg. En 2026, lâĂ©conomie allemande affiche un taux de chĂŽmage de 4,9 %. Les services, la logistique et les Ă©nergies renouvelables recrutent, mais les passerelles ne sont pas automatiques. Pour baliser ces trajectoires, le ministĂšre du Travail prĂ©pare un « Pacte de reconversion XXL ».
Les leviers publics et privés
- đ Formations subventionnĂ©es : 24 mois de congĂ© de qualification payĂ©s Ă 80 % du salaire brut.
- đĄ Incubateurs dâentreprises : fonds dâamorçage public-privĂ© pour les start-ups issues de la deep-tech automobile.
- đ€ Bourses de mobilitĂ© : prise en charge des frais de dĂ©mĂ©nagement jusquâĂ 10 000 ⏠pour un nouvel emploi hors Land dâorigine.
- đ Conversion de sites : rĂ©industrialisation via les Ă©nergies renouvelables ou lâĂ©conomie circulaire.
Ces dispositifs complĂštent les mesures internes Ă Volkswagen. Le groupe propose des primes de dĂ©part allant jusquâĂ 80 000 ⏠pour les plus de 55 ans et jusquâĂ 45 000 ⏠pour les autres. Les syndicats contestent lâidĂ©e de primes « au rabais » et exigent un maintien du salaire pendant la formation.
Certaines reconversions rĂ©ussies servent dâexemples. Un ancien chef dâĂ©quipe dâEmden dirige Ă prĂ©sent une PME de retrofit de fourgons en fourgons Ă©lectriques. Une ancienne opĂ©ratrice de peinture de Zwickau a rejoint une entreprise de recyclage de panneaux solaires aprĂšs un cursus accĂ©lĂ©rĂ© de chimie verte.
Pourtant, les dĂ©fis restent nombreux. Les travailleurs seniors craignent de ne pas retrouver dâemploi avant la retraite. Les plus jeunes redoutent une perte de stabilitĂ© financiĂšre. Les municipalitĂ©s se prĂ©parent : elles adaptent les centres de formation, crĂ©ent des crĂšches pour favoriser la mobilitĂ© des parents et misent sur le numĂ©rique pour attirer des entreprises de services.
Enfin, lâaspect psychologique ne doit pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©. Les cellules de soutien psychologique sâinstallent dĂ©jĂ dans les sites concernĂ©s. En 2020, lors des licenciements chez Airbus, les Ă©tudes avaient montrĂ© que 30 % des employĂ©s touchĂ©s dĂ©veloppaient des symptĂŽmes anxieux. Volkswagen sâengage Ă financer un accompagnement mental sur trois ans.
En dĂ©finitive, la rĂ©ussite de cette transformation dĂ©pendra de lâĂ©quilibre entre les impĂ©ratifs Ă©conomiques et lâinclusion sociale. Sans filet de sĂ©curitĂ© solide, la rĂ©duction dâemplois se transformerait en fracture sociale durable, sapant la confiance dans le projet industriel de lâAllemagne.
Pourquoi Volkswagen envisage-t-il un plan si massif ?
Le groupe veut dĂ©gager jusquâĂ 10 milliards dâeuros dâĂ©conomies pour financer sa transition vers le vĂ©hicule Ă©lectrique et le logiciel embarquĂ©, alors que ses marges sont sous pression Ă cause des coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques Ă©levĂ©s et de la concurrence chinoise.
Quelles usines sont les plus menacées ?
Emden, Salzgitter, Zwickau et Dresde sont citées par la presse. Ces sites totalisent prÚs de 28 000 emplois directs et jouent un rÎle clé dans la production de moteurs thermiques et de véhicules électriques.
Comment les salariés seront-ils accompagnés ?
Le plan social devrait inclure des primes de dĂ©part, des congĂ©s de formation payĂ©s et un soutien psychologique. Des programmes publics de reconversion complĂšteront le dispositif pour orienter les travailleurs vers les Ă©nergies vertes, la logistique ou lâIT.
Quel impact pour lâĂ©conomie allemande ?
Une perte potentielle de 100 000 emplois chez Volkswagen pourrait entraßner la suppression de plus de 200 000 postes chez les sous-traitants. Les régions concernées risquent un recul de leurs recettes fiscales et un affaiblissement de leur tissu industriel.
Les suppressions sont-elles définitives ?
Le plan doit encore ĂȘtre validĂ© par le conseil de surveillance. Les syndicats et le Land de Basse-Saxe disposent dâun pouvoir de blocage partiel. Des alternatives, comme la reconversion des sites en hubs de batteries ou dâhydrogĂšne, restent sur la table.
Source: fr.news.yahoo.com


