Aire urbaine : la CGT mobilise contre la menace pesant sur des milliers d’emplois dans la filiĂšre automobile

La colĂšre gronde dans l’aire urbaine de Belfort-MontbĂ©liard. Alors que les chaĂźnes de montage rĂ©trĂ©cissent, la CGT lance un cri d’alarme : « des milliers d’emplois sont en danger dans la filiĂšre automobile ». Le 23 avril, les ouvriers, les techniciens et leurs familles sont appelĂ©s Ă  la mobilisation pour dĂ©noncer une menace qu’ils jugent existentielle pour toute l’industrie locale.

Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news.
✅ La CGT de la mĂ©tallurgie invite Ă  un grand rassemblement le 23 avril devant la porte de MontbĂ©liard.
✅ Plus de 5 800 M€ d’aides publiques versĂ©es Ă  l’automobile en 2025 : le syndicat exige des contreparties.
✅ La stratĂ©gie de Stellantis rĂ©duit la visibilitĂ© des sous-traitants de trois ans Ă  douze mois.
✅ À Audincourt, Flex-N-Gate subit un plan de dĂ©parts volontaires : cent postes menacĂ©s Ă  court terme.
✅ MalgrĂ© la baisse des volumes, les dividendes des actionnaires battent des records historiques.

Crise latente dans l’aire urbaine : quand l’automobile vacille, tout un territoire chavire

Belfort, Sochaux, Audincourt : trois noms qui rĂ©sonnent depuis un siĂšcle comme le poumon industriel du nord Franche-ComtĂ©. Le passage aux moteurs Ă©lectriques, la pression sur les prix et la course au gigantisme ont pourtant mis ces bastions ouvriers sur le fil. Dans la rĂ©gion, chaque poste dans l’assemblage ou l’emboutissage gĂ©nĂšre encore, selon l’Insee, quatre emplois indirects : logistique, restauration, maintenance ou commerce. Quand les voyants passent Ă  l’orange chez Stellantis, tout un Ă©cosystĂšme passe au rouge.

De 2019 Ă  2026, la production du site de Sochaux est passĂ©e de 515 000 Ă  270 000 vĂ©hicules par an. Les ateliers tournent toujours, mais Ă  cadence rĂ©duite. Les intĂ©rimaires, baromĂštre implacable, ne sont plus rappelĂ©s. Le phĂ©nomĂšne s’étend dĂ©sormais aux fournisseurs de rang 1 et 2. Parmi eux, Mahle-Behr (Ă©changeurs thermiques) ou Eurocast (piĂšces aluminium) rĂ©duisent leur voilure. Les salariĂ©s parlent d’un « bruit de fond » : le claquement sec d’un rivet qui s’estompe, les pauses cafĂ© allongĂ©es parce que la ligne attend des carters qui n’arrivent plus.

Le choc n’est pas seulement Ă©conomique ; il est culturel. La mĂ©moire collective est forgĂ©e par 200 ans d’atelier. Le grand-pĂšre racontait dĂ©jĂ  la sirĂšne de 6 h 15, le pĂšre a vu entrer la robotique, et le fils se demande s’il ira jusqu’à la retraite. « Sans le moteur thermique, que devient notre savoir-faire ? » rĂ©sume un ajusteur-monteur de 42 ans. Les reconversions existent, mais elles se font au compte-gouttes : 120 ex-opĂ©rateurs formĂ©s aux batteries haute tension depuis 2024, trop peu pour absorber la vague.

L’angoisse se lit aussi sur la façade des commerces. À Belfort, 14 % des boutiques du centre-ville sont fermĂ©es, un record depuis 1993. Les prud’hommes croulent sous les affaires de requalification de CDD. Les bailleurs sociaux observent un « gel psychologique » : les familles retardent les travaux urgents de plomberie ou d’isolation, faute de visibilitĂ© salariale.

Pour la CGT, le vĂ©ritable thermomĂštre est le carnet de commandes des sous-traitants. Quand la visibilitĂ© descend sous les douze mois, les ateliers font de l’asthme : impossible d’amortir un robot de soudure ou de financer la R&D pour l’aluminium recyclĂ©. Ce raccourcissement brutal est le fruit d’une stratĂ©gie baptisĂ©e « massification » : Stellantis rapatrie ou concentre certaines piĂšces critiques afin de rĂ©duire les coĂ»ts logistiques et de maĂźtriser les marges.

Le territoire, dĂ©jĂ  frappĂ© par la fermeture d’Alstom Turbomachines en 2023, redoute l’effet boule de neige. Un licenciement ici, deux ruptures conventionnelles lĂ , et l’économie se dĂ©lite. Les Ă©lus locaux plaident pour un « small is beautiful » : des unitĂ©s moyennes, branchĂ©es sur la transition Ă©cologique, mais pĂ©rennes. Reste Ă  convaincre les marchĂ©s financiers qui dĂ©cident en quelques clics du sort de milliers de mĂ©nages.

la cgt se mobilise fortement contre la menace qui pÚse sur des milliers d'emplois dans la filiÚre automobile au sein de l'aire urbaine, appelant à la solidarité et à l'action pour préserver les emplois et l'industrie locale.

Les chiffres qui inquiĂštent

Selon le ministĂšre du Travail, 7 800 emplois directs du bassin Belfort-MontbĂ©liard sont liĂ©s aux seules piĂšces plastiques automobiles. Un rapport sĂ©natorial de fĂ©vrier 2026 Ă©voque jusqu’à 22 % de perte d’effectifs si les volumes chutent encore de 100 000 vĂ©hicules. Dans ce contexte, l’appel Ă  manifester du quotidien rĂ©gional n’est pas une simple ligne syndicale : c’est, pour beaucoup, la derniĂšre cartouche.

Stellantis face aux sous-traitants : la logique de massification décortiquée

La mĂ©thode Stellantis s’explique en chiffres. En 2025, le groupe a sorti plus de 16 milliards d’euros de free cash-flow. Pour maintenir ce rythme, le management a imposĂ© trois leviers : plate-formes multi-marques (jusqu’à quatorze sur un mĂȘme chĂąssis), rĂ©duction des stocks et intĂ©gration verticale des piĂšces Ă  plus forte valeur. RĂ©sultat : les plasturgistes, usinage de prĂ©cision et fondeurs voient leurs classiques contrats de trois ans reconduits
 pour Ă  peine douze mois.

Flex-N-Gate Audincourt illustre cette bascule. SpĂ©cialiste des pare-chocs, le site employait 650 personnes en 2022. Aujourd’hui, la direction table sur 530 Ă©quivalents temps plein mi-2026, assortis d’un plan de dĂ©parts volontaires. L’ingĂ©nieur maintenance tĂ©moigne : « Nous avons investi 4 M€ dans une cellule robotisĂ©e l’an dernier, persuadĂ©s d’avoir la charge Peugeot 3008 jusqu’en 2028. Le mail reçu en novembre a tout balayĂ© : nouveau planning, nouveau cahier des charges, fin de sĂ©rie anticipĂ©e. »

La logique financiĂšre pĂšse sur les nĂ©gociations. Pour garantir son carnet, un sous-traitant doit dĂ©sormais assumer la quasi-totalitĂ© des frais de re-Industrialisation. Peinture high-tech, ligne d’assemblage modulaire, recyclage en boucle fermĂ©e : autant d’exigences louables, mais coĂ»teuses. Sans visibilitĂ©, impossible de convaincre les banquiers locaux. La Banque des Territoires a certes ouvert une enveloppe de 50 M€, mais le besoin rĂ©el dĂ©passe les 180 M€, d’aprĂšs l’Observatoire rĂ©gional de l’automobile.

Le contexte gĂ©opolitique renforce la tension. Depuis le conflit du canal de Suez fin 2024, le prix du fret a quadruplĂ©. Stellantis prĂ©fĂšre concentrer ses moules Ă  Trnava (Slovaquie) ou Vigo (Espagne) pour mutualiser. Les petits faiseurs français sont sommĂ©s de suivre
 ou de disparaĂźtre.

Chez Peugeot Motocycles Mandeure, l’exemple est encore plus brutal. RachetĂ©e par un fonds Ă  capitaux qatariens en 2022, l’usine se retrouve, selon la CGT, « sous respirateur artificiel ». Le modĂšle Django, repositionnĂ© sur le segment premium asiatique, ne compense pas l’effondrement des 50 cmÂł thermiques. Les 230 salariĂ©s restent suspendus au verdict d’un comitĂ© stratĂ©gique repoussĂ© trois fois.

  • 🔧 VisibilitĂ© ramenĂ©e de 36 mois Ă  12 mois
  • 📉 Investissements gelĂ©s dans 63 % des PME sous-traitantes
  • ⚡ Augmentation des cadences internes chez Stellantis de 12 %
  • 🚚 Hausse des coĂ»ts logistiques multipliĂ©e par 4 sur l’axe MĂ©diterranĂ©e

Face Ă  ces chiffres, la CGT rĂ©clame une table ronde tripartite : État, constructeur et reprĂ©sentants des travailleurs. Objectif : sĂ©curiser au moins trois ans de volume, condition sine qua non pour obtenir un prĂȘt vert ou un crĂ©dit-bail robotique. « Sans calendrier, pas de machine ; sans machine, pas de progrĂšs », rĂ©sume Selim Boubekeur.

Dividendes record et aides publiques : un retour social introuvable ?

Le contraste est saisissant : les actionnaires jubilent, les ateliers toussent. En 2025, Stellantis a distribuĂ© 4,2 milliards d’euros de dividendes, soit +18 % sur un an. Dans le mĂȘme temps, l’État français a versĂ© 1,1 milliard sous forme de crĂ©dits d’impĂŽt recherche et 240 M€ de prĂȘts bonifiĂ©s via Bpifrance. À l’échelle nationale, les 5,8 milliards d’aides publiques allouĂ©es Ă  la filiĂšre n’ont Ă©tĂ© conditionnĂ©es ni Ă  l’emploi ni aux investissements verts.

C’est prĂ©cisĂ©ment sur ce point que la CGT appuie. Le syndicat propose un « contrĂŽle citoyen » des aides. ConcrĂštement : la crĂ©ation d’un comitĂ© oĂč siĂšgeraient reprĂ©sentants de l’AssemblĂ©e nationale, chercheurs et collectifs de salariĂ©s. Chaque aide supĂ©rieure Ă  10 M€ ferait l’objet d’un audit public annuel. InspirĂ©e du modĂšle danois, la mesure prĂ©voit la restitution partielle des subventions si les objectifs d’emploi ne sont pas respectĂ©s.

L’argument trouve Ă©cho. Le dĂ©putĂ© de la 2ᔉ circonscription du Doubs a dĂ©posĂ©, en fĂ©vrier 2026, une proposition de loi pour adosser tout crĂ©dit d’impĂŽt Ă  des « critĂšres sociaux et Ă©cologiques vĂ©rifiables ». Rien d’extravagant, jurent ses conseillers : la dĂ©carbonation est dĂ©jĂ  requise dans l’aĂ©ronautique. Pourquoi pas dans l’auto ?

Les dĂ©fenseurs du modĂšle libĂ©ral rĂ©torquent que la compĂ©titivitĂ© prime. Ils rappellent que Tesla a obtenu 1,8 Md€ d’aides en Allemagne pour la Gigafactory de GrĂŒnheide. Difficile, dĂšs lors, d’imposer des verrous en France sans creuser l’écart.

La France, pourtant, dispose d’un outil mĂ©connu : le dĂ©cret Montebourg de 2014. Celui-ci autorise l’État Ă  bloquer une cession Ă©trangĂšre dans des secteurs stratĂ©giques. La CGT demande son extension aux PME de la chaĂźne automobile ; un garde-fou contre les fonds vautours Ă©voquĂ©s Ă  Mandeure. Certains juristes notent que la doctrine de 2026 a dĂ©jĂ  employĂ© le dĂ©cret dans la chimie verte ; la jurisprudence pourrait suivre.

Pour appuyer son discours, la centrale a publiĂ© une « carte des projets industriels alternatifs » : 38 dossiers viables, chiffrĂ©s et validĂ©s par des experts indĂ©pendants. Les lecteurs peuvent la consulter sur le site de la CGT : projets pour sauver l’industrie. On y dĂ©couvre, par exemple, un plan de relocalisation des chĂąssis en acier recyclĂ© Ă  MontbĂ©liard, ou encore une filiĂšre batterie LFP-sodium Ă  Besançon.

Un autre enjeu se profile : celui des libertĂ©s syndicales. Plus de 60 Bourses du travail sont menacĂ©es d’expulsion ou de rĂ©duction de surface, alerte la CGT. Le rapport complet est accessible ici : libertĂ©s syndicales. Sur le terrain, cela signifie moins de lieux de rĂ©union, moins de permanence juridique et, in fine, une parole ouvriĂšre affaiblie.

Mobilisation CGT : de la rue aux ateliers, un mouvement protéiforme

23 avril, 11 h, porte de MontbĂ©liard : le rendez-vous est fixĂ©. Les bus partiront de Delle, HĂ©ricourt, Pont-de-Roide. Des Ă©tudiants d’UTBM ont annoncĂ© leur prĂ©sence, tout comme les retraitĂ©s des Forges de Grandvillars. L’objectif est double : peser sur la renĂ©gociation des volumes Stellantis et dĂ©noncer les suppressions latentes.

Le tract officiel, tĂ©lĂ©chargeable en PDF sur le site fĂ©dĂ©ral (appel Ă  la mobilisation), rappelle l’historique des luttes gagnantes : l’annulation du plan social d’Allevard en 2021, la rĂ©-industrialisation partielle de MBF Aluminium en 2022. Des victoires Ă©clatantes, mais fragiles : quatre ans plus tard, MBF cherche encore un repreneur pĂ©renne.

Pour Ă©viter l’essoufflement, la confĂ©dĂ©ration mise sur la diversification des modes d’action.

  1. 📣 AssemblĂ©es gĂ©nĂ©rales tournantes dans chaque atelier deux fois par mois.
  2. 🚌 Bus solidaires pour les familles afin de maintenir une pression visuelle dans la rue.
  3. đŸ“± Lives TikTok et Instagram pour toucher la gĂ©nĂ©ration Z et relayer les tĂ©moignages en temps rĂ©el.
  4. đŸ€ Alliances avec des ONG climatiques pour rappeler que « emploi et planĂšte » ne sont pas opposĂ©s.

Ces initiatives s’appuient sur une vieille maxime locale : « Qui tient le boulon, tient la rĂ©gion ». Symboliquement, les manifestants brandiront un Ă©crou gĂ©ant de 1,2 m, fabriquĂ© par les apprentis du CFAI. Un clin d’Ɠil mĂ©diatique qui rĂ©sume la crainte partagĂ©e : si l’on dĂ©monte la premiĂšre piĂšce, le reste suit.

La protestation dĂ©passe le cadre franc-comtois. Dans le Pas-de-Calais, la CGT Arcelor a dĂ©jĂ  programmĂ© une grĂšve carrĂ©e de 48 h fin mai. Le syndicat du commerce d’Auchan, lui, dĂ©nonce 700 postes menacĂ©s et entend rejoindre la rue, inspirĂ© par l’action menĂ©e devant Bercy en 2024 (qu’est-ce qu’il y a de “social” dans un plan social ?). Les automobilistes cĂŽtoieront donc caissiĂšres et mĂ©tallos, signe que la crise de l’emploi dĂ©borde largement le pĂ©rimĂštre des moteurs Ă  pistons.

La direction de Stellantis joue l’apaisement. Elle a invitĂ© les syndicats reprĂ©sentatifs Ă  une table ronde le 6 mai, promettant des « garanties sĂ©rieuses » sur la charge de travail 2027. Mais la CGT veut des chiffres avant de relĂącher la pression. L’avenir dira si la rĂ©union sera un tournant ou un Ă©cran de fumĂ©e.

la cgt se mobilise pour défendre des milliers d'emplois menacés dans la filiÚre automobile au sein de l'aire urbaine, appelant à la vigilance et à l'action collective.

Reconversion et transition écologique : quels scénarios pour 2030 ?

Le salut peut-il venir de la batterie, de l’hydrogĂšne ou de la mobilitĂ© douce ? Depuis 2021, la rĂ©gion Bourgogne-Franche-ComtĂ© a financĂ© 22 projets de reconversion. Les plus mĂ©diatisĂ©s : la station hydrogĂšne de Bethoncourt et le cluster vĂ©lo cargo de MontbĂ©liard. Les rĂ©sultats sont mitigĂ©s : 380 crĂ©ations nettes d’emplois, pour plus de 2 000 destructions simultanĂ©es dans la mĂ©tallurgie.

Les experts de la Banque Publique d’Investissement identifient quatre pistes crĂ©dibles.

🚀 Piste Effectifs potentiels DĂ©ploiement Freins principaux
Assemblage batteries LFP 1 200 postes 2027-2029 CoĂ»t Ă©nergĂ©tique ⚡
HydrogĂšne vert (Ă©lectrolyseurs) 650 postes 2026-2030 AccĂšs Ă  l’eau 💧
RĂ©novation thermique poids lourds 400 postes 2026-2028 Normes UE 📑
VĂ©lo cargo acier recyclĂ© 180 postes ImmĂ©diat RentabilitĂ© 📈

Reste la question de la formation. Selon l’OPCO 2i, 71 % des soudeurs n’ont pas encore reçu de modules sur l’aluminium haute rĂ©sistance. Le lycĂ©e Germaine-Tillon teste, depuis janvier, un BTS « mobilitĂ© Ă©lectrique » : 28 inscrits, tous issus de l’auto. Les syndicats souhaitent Ă©tendre le dispositif avec un financement État-RĂ©gion, assorti d’un salaire garanti pendant deux ans.

L’Allemagne sert souvent de rĂ©fĂ©rence : son plan Kurzarbeit de 2009 a amorti la crise, permettant aux usines de redĂ©marrer plus vite. En France, la CGT propose un « fonds anti-cassure » de 2 Md€ pour subventionner le temps partiel formateur. L’idĂ©e : Ă©viter la rupture de contrat tout en adaptant les compĂ©tences. Les discussions patinent. Les Ă©conomistes orthodoxes voient un risque « d’assistanat ». Les syndicats rĂ©torquent qu’il s’agit d’un investment, non d’une aumĂŽne.

Au-delĂ  des chiffres, il y a les visages. Sabrina, 34 ans, opĂ©ratrice robot soudure, raconte : « J’ai deux filles. Si je perds mon boulot, je perds mon appart. La formation, c’est mon assurance vie. » À 30 km de lĂ , Karim, logisticien, envisage une VAE dans la cybersĂ©curitĂ© industrielle. « La boĂźte me paie des heures sup, mais pas une seule heure de formation. » Ces tĂ©moignages rappellent une Ă©vidence : la protestation n’est pas un rĂ©flexe idĂ©ologique, c’est une quĂȘte de visibilitĂ©.

La route jusqu’à 2030 sera sinueuse. Elle dĂ©pendra d’arbitrages europĂ©ens sur les normes Euro 8, de la paritĂ© euro-dollar et d’une paix sociale prĂ©caire. Mais chaque atelier qui tient repousse un peu l’ombre des friches. « Un boulot qui se sauve, c’est une Ă©cole qui reste ouverte », souffle un maire de village. La balle est dans le camp des dĂ©cideurs.

Pourquoi la CGT cible-t-elle Stellantis en priorité ?

Parce que le groupe est le principal donneur d’ordres de la filiĂšre dans l’aire urbaine ; ses choix de volume et de localisation dictent directement la santĂ© des sous-traitants qui emploient la majoritĂ© des salariĂ©s menacĂ©s.

Les aides publiques peuvent-elles ĂȘtre conditionnĂ©es Ă  l’emploi ?

Oui. Une proposition de loi dĂ©posĂ©e en 2026 prĂ©voit de lier chaque crĂ©dit d’impĂŽt Ă  des objectifs chiffrĂ©s de maintien d’effectifs et de dĂ©carbonation, avec restitution partielle en cas de non-respect.

Que changera la manifestation du 23 avril ?

Elle vise Ă  obtenir une table ronde tripartite et Ă  peser sur la planification des volumes 2027-2029. La participation massive renforcerait le rapport de force face au constructeur.

La reconversion vers les batteries est-elle réaliste ?

Techniquement oui, mais elle exige des investissements lourds et une énergie bon marché. Sans soutien public et sans formation adéquate, la greffe peut échouer.

Comment suivre les prochains rendez-vous ?

Le calendrier des actions est mis Ă  jour sur le site de l’union locale CGT et relayĂ© sur les rĂ©seaux sociaux via le mot-diĂšse #AireUrbaineMobilisĂ©e.

Source: www.estrepublicain.fr