Automobile : Hervé Besson, président du rallye en France, fait le point sur la saison et partage son bilan

La fin de saison a livrĂ© son verdict : Yoann Bonato coiffe une sixiĂšme couronne, Eric Camilli s’offre le Var, et Hugo Margaillan complĂšte un trio qui a tenu les fans en haleine jusqu’au dernier kilomĂštre. DerriĂšre ce scĂ©nario haletant, le nouveau prĂ©sident de la commission rallye, HervĂ© Besson, dĂ©roule une lecture plus globale du championnat, de sa santĂ© financiĂšre Ă  l’irruption annoncĂ©e des Alpine Ă©lectriques. Entre attractivitĂ© sportive, enjeux Ă©cologiques et conjoncture Ă©conomique, le sport automobile français joue serrĂ©.

Alors que la FĂ©dĂ©ration Française du Sport Automobile promet la stabilitĂ© des calendriers en 2026, la discipline tente de conserver son caractĂšre populaire tout en nĂ©gociant le virage technologique. HervĂ© Besson, mĂ©canicien de formation devenu dĂ©cideur, dĂ©taille un bilan nuancĂ© : stabilitĂ© du nombre d’engagĂ©s, compĂ©titivitĂ© accrue et nouveaux dĂ©fis de rĂ©glementation. Au-delĂ  des podiums, il s’agit d’assurer la pĂ©rennitĂ© d’une filiĂšre qui rĂ©unit prĂšs de 9 000 licenciĂ©s et irrigue de nombreux territoires.

Le dirigeant pointe aussi l’importance de la deuxiĂšme division, vivier de talents et laboratoire de solutions plus accessibles. L’Ain Jura, promis Ă  une cinquantiĂšme Ă©dition de gala, symbolise cette rampe de lancement. Dans un contexte oĂč la moindre dĂ©pense compte, chaque acteur – organisateurs, collectivitĂ©s, partenaires – est sommĂ© de faire preuve d’ingĂ©niositĂ© pour tenir la route.

Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news.
✅ HervĂ© Besson confirme une stabilitĂ© du nombre de partants malgrĂ© la conjoncture.
✅ Duel Ă  trois : Bonato, Camilli, Margaillan ont animĂ© la saison 2025 jusqu’au bout.
✅ Alpine Ă©lectrique attendue au dĂ©part en 2026 : un tournant pour le rallye français.
✅ Le calendrier 2026 conserve ses neuf manches phares, Touquet dĂ©calĂ© pour cause d’élections.
✅ Ain Jura prĂ©pare une 50ᔉ Ă©dition symbolique dans la deuxiĂšme division.

Un championnat de France des rallyes 2025 sous haute tension

La scĂšne du sport automobile en France n’a jamais semblĂ© aussi vivante. Sur les neuf manches « asphalte », la bataille a Ă©tĂ© d’une densitĂ© rarement observĂ©e. Les chronos parlent : quatre dixiĂšmes sĂ©paraient Yoann Bonato et Eric Camilli au RhĂŽne-CharbonniĂšres, un Ă©cart digne du WRC. Le public, venu en nombre sur les spĂ©ciales malgrĂ© une mĂ©tĂ©o capricieuse, a vibrĂ© pour une compĂ©tition qui rappelle que la prĂ©cision reste la valeur cardinale du rallye moderne. Les organisateurs soulignent un taux de remplissage moyen des bordures supĂ©rieur Ă  80 % – un chiffre record selon les donnĂ©es FFSA.

Afin de sĂ©curiser ces affluences, les dispositifs “safe-zone” ont Ă©tĂ© renforcĂ©s. Selon la plateforme FFSA ActualitĂ©s, 300 bĂ©nĂ©voles supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© formĂ©s aux premiers secours. Cette montĂ©e en puissance dĂ©coule des incidents survenus lors de courses rĂ©gionales en 2024 : la fĂ©dĂ©ration ne veut plus jamais voir d’évacuation mĂ©dicale tardive sur un rallye national. HervĂ© Besson prĂ©cise que la prĂ©vention reste l’axe n°1 : « Un public confiant revient l’an prochain ». Une simple phrase qui traduit l’équilibre dĂ©licat entre spectacle et sĂ©curitĂ©.

Du cĂŽtĂ© des machines, l’hĂ©gĂ©monie des Rally2 est confirmĂ©e. Hyundai, CitroĂ«n et Skoda prĂ©sentent des Ă©volutions principalement aĂ©rodynamiques, tandis que les motoristes cherchent Ă  grappiller quelques chevaux sans exploser les budgets. RĂ©sultat : un plateau homogĂšne mais coĂ»teux. Le chef d’atelier du team CHL, interrogĂ© dans le parc du Mont-Blanc, avoue : « Chaque dixiĂšme coĂ»te environ 1 500 € en dĂ©veloppement». Un chiffre symptomatique de la course Ă  la performance.

L’aspect financier n’est pas anodin : la FFSA estime qu’un programme complet de neuf manches absorbe 380 000 € en moyenne, hors dommages. Dans ce cadre, l’arrivĂ©e de supra-sponsors du numĂ©rique a permis de geler l’inflation des coĂ»ts pour les trois Ă©quipes de pointe. Reste Ă  savoir si cette manne survivra Ă  un Ă©ventuel ralentissement Ă©conomique. Sur ce point, le point Ă©conomique dressĂ© par Autohebdo rappelle que la moitiĂ© des partenaires privĂ©s viennent de l’écosystĂšme automobile Ă©largi, un secteur sous pression constante.

Le suspense a toutefois prĂ©valu jusqu’au Var. C’est lĂ  qu’Eric Camilli a fait parler la poudre, devançant Bonato de 12’’3. Une victoire qui rééquilibre le palmarĂšs 2025 : quatre succĂšs pour Camilli, trois pour Bonato, deux pour Margaillan. La rĂ©gularitĂ© de Bonato sur les podiums a nĂ©anmoins scellĂ© son nouveau sacre. Fait marquant : la prĂ©sence de SĂ©bastien Loeb en “pigiste” a dopĂ© l’exposition TV de 21 %, selon le baromĂštre MĂ©diatrack, signe qu’une star peut encore changer la donne.

Dernier Ă©lĂ©ment notoire : la mĂ©tĂ©o. De fortes pluies sur l’Antibes et la chaleur inhabituelle au Rouergue ont rappelĂ© que les pneus restent le juge de paix. Les ingĂ©nieurs Michelin, face Ă  des relevĂ©s allant de 7 °C Ă  38 °C au cours d’une mĂȘme Ă©preuve, ont dĂ» jongler entre quatre mĂ©langes. Ces alĂ©as climatiques deviennent rĂ©currents et modifient la prĂ©paration des Ă©quipages : le simulateur mĂ©tĂ©o intĂ©grĂ© aux reconnaissances fait maintenant partie du package de base.

hervé besson, président du rallye en france, revient sur les temps forts de la saison automobile et partage son bilan complet.

En rĂ©sumĂ©, la saison 2025 a prouvĂ© que le rallye français peut encore surprendre. Un groupe restreint de pilotes s’est livrĂ© une lutte acharnĂ©e, mais la discipline s’est surtout illustrĂ©e par sa capacitĂ© Ă  maintenir l’engagement du public et l’équilibre financier d’équipes souvent fragiles.

Les coulisses de la présidence : Hervé Besson face aux défis économiques

Avec son accent de la Plastic VallĂ©e et son franc-parler, HervĂ© Besson n’est pas qu’un dirigeant. MĂ©canicien de formation, il a passĂ© vingt ans dans les stands avant de prendre les clĂ©s de la commission rallye en plein Ă©tĂ© 2025. Sa premiĂšre urgence : clarifier les rĂŽles. Le prĂ©cĂ©dent organigramme avait laissĂ© des zones d’ombre ; il lui a fallu redistribuer les tĂąches, du suivi rĂ©glementaire Ă  la relation partenaire.

Le prĂ©sident doit surtout composer avec une conjoncture tendue. La hausse du prix des carburants spĂ©ciaux, pourtant plafonnĂ©s par l’UE en avril 2025, pĂšse lourd. Chaque Ă©quipe dĂ©bourse jusqu’à 12 % de plus qu’en 2024 sur cette ligne budgĂ©taire. Besson a proposĂ© une remise mutualisĂ©e nĂ©gociĂ©e avec deux raffineurs indĂ©pendants. L’accord, en cours de finalisation, permettrait d’économiser environ 25 000 € sur un programme complet, soit de quoi financer une demi-saison d’un Junior.

Autre front : la billetterie. Pour diminuer la dĂ©pendance aux subventions locales, la FFSA expĂ©rimente un “pass mobile” gĂ©olocalisĂ©. Sur l’écran du spectateur, un QR-code limite l’accĂšs aux zones spĂ©ciales payantes et offre des contenus exclusifs. Les tests menĂ©s sur le RhĂŽne-CharbonniĂšres ont gĂ©nĂ©rĂ© 18 % de revenus supplĂ©mentaires sans rogner sur la gratuitĂ© des zones traditionnelles. Besson y voit un relais de croissance vertueux.

ParallĂšlement, le dirigeant s’attaque Ă  l’image de la discipline. L’opinion publique, de plus en plus sensible aux questions environnementales, scrute le rallye. Pour anticiper les critiques, un plan “Impact 0 Carbone 2030” est lancĂ© : compensation obligatoire des Ă©missions d’organisation, tri renforcĂ© sur les parcs d’assistance et engagement Ă  passer 30 % de la flotte d’organisation Ă  l’électrique d’ici quatre ans. Cette dĂ©marche, alignĂ©e sur les initiatives repĂ©rĂ©es dans les programmes fĂ©dĂ©raux, vise Ă  maintenir le rallye dans le giron des collectivitĂ©s Ă©prises de RSE.

Le mot d’ordre reste la sobriĂ©tĂ©. En interne, les sessions de roulage d’entraĂźnement sont limitĂ©es Ă  trois jours par manche pour les catĂ©gories Rally2 et infĂ©rieures. Les pilotes pro testent donc davantage sur simulateur. Cette stratĂ©gie de rĂ©duction des coĂ»ts est saluĂ©e par les structures privĂ©es ; elle prĂ©serve le rythme de compĂ©tition tout en freinant les dĂ©penses logistiques. Selon le cabinet Autodata, la mesure pourrait Ă©pargner jusqu’à 1,8 million d’euros Ă  l’ensemble du plateau.

Reste la question de la pĂ©nurie de commissaires. Besson lance un programme “Je deviens commissaire” accompagnĂ© d’indemnisations modulĂ©es. DĂšs 2026, 500 nouveaux volontaires devraient renforcer les effectifs. L’argument ? Une formation gratuite et une immersion dans les coulisses de la course automobile, atout non nĂ©gligeable pour tout passionnĂ© cherchant une expĂ©rience de terrain.

Cette batterie d’initiatives donne corps Ă  un pilotage que beaucoup jugeaient flou. En coulisses, on aime rappeler la maxime du prĂ©sident : « Pas de budget, pas de rallye ». Lapidaire, mais efficace. Car le rallye français, pour continuer Ă  inspirer la ferveur des annĂ©es “Loeb-Ogier”, a besoin d’assises financiĂšres solides et d’un storytelling renouvelĂ©.

La relĂšve et l’arrivĂ©e des Alpine Ă©lectriques : quelle Ă©volution sportive ?

Une page s’ouvre avec l’entrĂ©e annoncĂ©e des Alpine Ă©lectriques en 2026. Celles-ci, dĂ©rivĂ©es du concept “Alpenglow-E”, promettent 350 kW et une transmission intĂ©grale vectorisĂ©e, le tout en dessous de 1 300 kg. Le constructeur mise sur des batteries solides-state de troisiĂšme gĂ©nĂ©ration, capables d’ĂȘtre rechargĂ©es Ă  80 % en quinze minutes. L’objectif est double : dĂ©montrer la viabilitĂ© de la propulsion Ă©lectrique en rallye et attirer un nouveau public sensible aux questions climatiques.

Cette arrivĂ©e bouleverse l’écosystĂšme sportif. Comment mesurer la performance d’une voiture sans boĂźte de vitesses traditionnelle ? La FFSA travaille sur un coefficient d’équivalence de puissance tenant compte du couple instantanĂ©. HervĂ© Besson rappelle que la neutralitĂ© doit primer : « Un systĂšme pĂ©nalisant l’électrique dĂ©couragerait l’innovation, mais un avantage indu mettrait en danger l’équitĂ© ». Une Ă©quation complexe.

Pour ne pas perturber le spectacle, l’autonomie effective sera limitĂ©e Ă  150 km en mode “spĂ©ciale”. Les organisateurs envisagent des “zones plug-in” au cƓur des parcs de regroupement. À l’image du WRC hybride instaurĂ© en 2022, le protocole de sĂ©curitĂ© inclura un feu tricolore sur le pare-brise pour signaler l’état de charge : rouge pour charge critique, vert pour opĂ©rationnel, orange pour incident technique. Les spectateurs, en quĂȘte de sensations sonores, s’habitueront-ils au quasi-silence ? Les Ă©quipes marketing misent sur des bandes-son embarquĂ©es pour recrĂ©er un rugissement synthĂ©tique, une idĂ©e dĂ©jĂ  testĂ©e en Formule E.

Cette mutation intervient alors que plusieurs espoirs frappent Ă  la porte : le jeune Niçois Lucas Giraudi, champion Junior en titre, vise un programme complet avec le soutien d’un opĂ©rateur tĂ©lĂ©com. Emma Germain, premiĂšre laurĂ©ate du “Rallye au fĂ©minin” 2025, lorgne sur une Rally3 hybride. Sa prĂ©sence renforcerait l’image inclusive de la discipline, rĂ©pondant au vƓu exprimĂ© par les partenaires institutionnels.

À plus court terme, l’exode possible d’Eric Camilli vers l’ERC libĂšre un volant convoitĂ©. Les observateurs voient en Hugo Margaillan l’hĂ©ritier naturel. Son coĂ©quipier, le copilote Damien Dumas, anticipe un duel franco-français face Ă  un Bonato toujours affĂ»tĂ©. Au micro de Rallye-Infos, il dĂ©clarait : « 2026 sera l’annĂ©e du changement, avec ou sans Camilli ». Cette phrase rĂ©sume l’attente palpable dans le paddock.

Pour prĂ©parer cette rĂ©volution technologique, plusieurs Ă©quipes ont entamĂ© des sĂ©ances en simulateur « full EV ». Les ingĂ©nieurs travaillent sur la gestion thermique : la batterie devra rester dans une plage de 30 °C Ă  50 °C. Or, les spĂ©ciales du Rouergue grimpent facilement au-delĂ  des 35 °C. L’ajout d’échangeurs air-air se heurte toutefois Ă  des contraintes de poids. Une recherche d’équilibre qui occupe dĂ©jĂ  des cellules R&D entiĂšres.

Les fans ne sont pas oubliĂ©s. Une application mobile dĂ©livrera des stats en temps rĂ©el : puissance instantanĂ©e, niveau de charge, rĂ©cupĂ©ration d’énergie lors des freinages. Le coup de cƓur du public pour ce “gamification pack” dĂ©terminera peut-ĂȘtre l’acceptation socio-culturelle du changement, un point que Besson suit avec attention.

Qui pour briller en 2026 ? 🏆

  • ⚡ Lucas Giraudi : premier volant Ă©lectrique pressenti, soutien financier solide.
  • 🚀 Emma Germain : fer de lance fĂ©minin, programme mixte thermique-hybride.
  • đŸ”„ Hugo Margaillan : rĂ©gularitĂ© exemplaire, ambition de titre absolu.
  • 🎯 Yoann Bonato : expĂ©rience intacte, six titres et toujours l’envie.

Au final, l’arrivĂ©e des Alpine Ă©lectriques constitue autant un dĂ©fi qu’une formidable vitrine pour la marque et pour le rallye français. Les paris sont ouverts : assistera-t-on Ă  un nouveau cycle, semblable Ă  l’épopĂ©e du diesel en endurance au milieu des annĂ©es 2000 ? RĂ©ponse dans les spĂ©ciales de mars.

DeuxiĂšme division, calendrier 2026 et ancrage territorial

Souvent Ă  l’ombre du championnat â€œĂ©lite”, la deuxiĂšme division se rĂ©vĂšle un terrain d’expression privilĂ©giĂ©. Les budgets y sont divisĂ©s par trois et la proximitĂ© avec le public renforcĂ©e. HervĂ© Besson sait de quoi il parle : il a lui-mĂȘme remportĂ© l’Ain Jura en VHC il y a seize ans. Lorsqu’on l’interroge sur la valeur de ce “mini-tour de France des rĂ©gions”, il rĂ©torque : « C’est le premier contact entre la compĂ©tition et le territoire. Sans lui, pas de relĂšve ».

L’édition 2026 comptera 14 Ă©preuves aprĂšs le retour de la Lorraine et de Grasse. Chaque manche s’articulera autour d’un “village-rallye” proposant stands de dĂ©couverte, simulateurs et ateliers pĂ©dagogiques pour les scolaires. Les collectivitĂ©s locales, conscientes des retombĂ©es Ă©conomiques – en moyenne 1,7 million d’euros sur un week-end selon l’étude Toria 2025 – soutiennent massivement l’initiative.

Calendrier prĂ©visionnel 2026 📅 Surface Coefficient points
Touquet (repoussé) Asphalte 1,0
RhĂŽne-CharbonniĂšres Asphalte 1,3
Rallye Ain Jura – 50ᔉ Mixte 1,1
Mont-Blanc Morzine Asphalte 1,2
Lorraine Terre 1,0
Grasse-Alpes-Azur Asphalte 1,1

Parmi ces rendez-vous, l’Ain Jura occupe une place particuliĂšre. La cinquantiĂšme Ă©dition prĂ©voit une spĂ©ciale commĂ©morative reprenant le tracĂ© original de 1976. Les clubs locaux reconstituent dĂ©jĂ  la mythique Ă©pingle de Chancia, haut lieu du spectacle. On attend aussi la venue d’anciennes gloires pour un dĂ©filĂ© historique : on parle de Jean-Claude Andruet ou de la Porsche 911 SC Groupe 4 qui fit vibrer les foules Ă  l’époque.

La Lorraine, quant Ă  elle, revient aprĂšs cinq ans d’absence. Son passage en “terre” lui offre un positionnement unique. Les pilotes asphalte devront s’adapter ou renoncer, accentuant l’enjeu sportif. La prĂ©sence de jeunes du TrophĂ©e Clio ajoute du piment : ces voitures lĂ©gĂšres, plus accessibles, attirent un public familial et prĂ©parent la relĂšve.

L’ancrage territorial se mesure aussi Ă  la participation des artisans locaux. Fromagers, couteliers, fabricants de textiles techniques : tous profitent d’un coup de projecteur. Dans le Jura, la coopĂ©rative laitiĂšre estime une hausse de 12 % des ventes de ComtĂ© durant l’épreuve 2025. Un chiffre qui tĂ©moigne de la symbiose entre rallye et Ă©conomie rĂ©gionale. Besson insiste : « Chaque dĂ©part de spĂ©ciale est une vitrine touristique. Refusons la fermeture des petits rallyes, c’est notre ADN ».

Pour fluidifier la logistique, la fĂ©dĂ©ration mettra Ă  disposition une plateforme de covoiturage officielle. Une innovation simple mais efficace qui pourrait retirer 600 vĂ©hicules du rĂ©seau routier sur la totalitĂ© de la saison, selon Eco-Track. Au-delĂ  de la rĂ©duction de CO₂, cette mesure favorise la convivialitĂ©, valeur cardinale du rallye.

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La deuxiĂšme division, sorte de ligue de dĂ©veloppement, incarne donc l’avenir. C’est lĂ  que se forgent les tacticiens, que naissent les histoires humaines. Que l’on parle de budget, d’écologie ou de convivialitĂ©, c’est le socle sur lequel repose le haut niveau.

L’impact sociĂ©tal et mĂ©diatique du rallye en France en 2026

Loin d’ĂȘtre cantonnĂ© aux magazines spĂ©cialisĂ©s, le rallye intĂšgre de plus en plus le “mainstream”. Selon MĂ©diamĂ©trie, la diffusion en clair de deux spĂ©ciales clĂ©s a attirĂ© 2,3 millions de tĂ©lĂ©spectateurs cumulĂ©s en 2025, soit une progression de 14 %. Les rĂ©seaux sociaux pĂšsent Ă©galement : un hashtag #Charbo2025 a dĂ©passĂ© les 12 millions d’impressions en 48 heures, preuve d’une viralitĂ© jusqu’alors rĂ©servĂ©e aux grandes courses de circuit.

Cette visibilitĂ© s’explique par la culture de proximitĂ© propre au rallye. Les supporters peuvent approcher les voitures, discuter avec les mĂ©canos et vivre la compĂ©tition en temps rĂ©el. Le modĂšle diffĂšre de la F1 ; ici, pas de paddock fermĂ©. Cette accessibilitĂ© nourrit un storytelling authentique que les marques exploitent. Michelin, TotalEnergies ou encore le nouveau venu Moov’Up (application de mobilitĂ© partagĂ©e) investissent pour retrouver cette authenticitĂ© perdue ailleurs.

Au niveau sociĂ©tal, le rallye tisse des ponts intergĂ©nĂ©rationnels. Lors de l’Antibes 2025, une enquĂȘte terrain a montrĂ© que 35 % des spectateurs venaient en famille. Les organisateurs capitalisent sur cet atout en crĂ©ant des parcours pĂ©dagogiques dĂ©diĂ©s : ateliers “mĂ©canique simple” pour les enfants, confĂ©rences sur la sĂ©curitĂ© routiĂšre pour les lycĂ©ens. HervĂ© Besson y voit l’occasion de rĂ©concilier la jeunesse avec la culture automobile, malmenĂ©e par les dĂ©bats sur la voiture individuelle.

La question environnementale reste toutefois prĂ©gnante. Les opposants au rallye s’expriment avec vigueur, arguant d’une contradiction entre performance mĂ©canique et sobriĂ©tĂ© carbone. Pour rĂ©pondre, la FFSA publie dĂ©sormais un rapport d’impact annuel dĂ©taillant les Ă©missions directes, les programmes de reboisement et la valorisation des dĂ©chets. Le rapport 2025 chiffre une rĂ©duction de 8 % des Ă©missions grĂące aux carburants de synthĂšse utilisĂ©s en Rally3 et Ă  la rationalisation des convois logistiques.

Le milieu acadĂ©mique s’intĂ©resse aussi au phĂ©nomĂšne. L’universitĂ© de Grenoble a lancĂ© une chaire “MobilitĂ© & CompĂ©tition” pour Ă©tudier la pertinence des technologies de rĂ©cupĂ©ration d’énergie dĂ©veloppĂ©es en rallye. Les premiers rĂ©sultats montrent un transfert de 17 % des solutions testĂ©es vers la sĂ©rie, notamment les systĂšmes de freinage rĂ©gĂ©nĂ©ratif Ă©voluĂ©s. Un argument massue pour les dĂ©fenseurs du sport automobile : l’innovation de la course profite Ă  l’automobile du quotidien.

Enfin, le rallye français inspire le cinĂ©ma. Un projet de long-mĂ©trage baptisĂ© “Speciale 21” retracera la rivalitĂ© fictive entre un vĂ©tĂ©ran et une rookie sur fond de transition Ă©lectrique. Un tournage partiel est prĂ©vu lors du Mont-Blanc 2026, avec l’appui logistique de la FFSA. Cette fiction, Ă  la croisĂ©e d’« Rush » et d’« Intouchables », pourrait offrir une exposition inĂ©dite Ă  la discipline.

Le panorama médiatique dessiné par ces initiatives démontre que le rallye dépasse le simple cadre sportif. Il devient un vecteur culturel, économique et technologique qui rayonne bien au-delà de ses spéciales sinueuses.

Quelles sont les principales nouveautés prévues pour la saison 2026 ?

L’introduction de l’Alpine Ă©lectrique, la stabilitĂ© du calendrier principal avec neuf manches, et le retour de la Lorraine et de Grasse en deuxiĂšme division figurent parmi les nouveautĂ©s majeures.

Comment la FFSA gùre-t-elle l’impact environnemental des rallyes ?

Un plan Impact 0 Carbone 2030 est en place : compensation d’émissions, tri sĂ©lectif, 30 % de vĂ©hicules d’organisation Ă©lectriques et promotion des carburants de synthĂšse.

Quels pilotes sont pressentis pour prendre la relùve d’Eric Camilli ?

Hugo Margaillan, Lucas Giraudi et, dans une moindre mesure, Emma Germain sont réguliÚrement cités comme prétendants à un volant de pointe.

Le rallye reste-t-il accessible pour le public ?

Oui, grùce à des zones gratuites, un pass mobile optionnel et des villages-rallyes, la discipline conserve sa proximité avec les fans.

Source: www.leprogres.fr

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