À l’heure où l’électrique bouleverse les habitudes, une manufacture discrète du Tarn propulse l’automobile française sur le devant de la scène mondiale. Depuis 2017, DeVinci Cars fédère artisans locaux et ingénieurs passionnés pour livrer des cabriolets électriques qui réconcilient charme d’antan et technologies d’aujourd’hui. Le succès dépasse les espérances : la presse internationale, les passionnés d’Alpine ou de Bugatti et même quelques têtes couronnées se disputent désormais ces pièces roulantes d’exception.
Le phénomène intrigue, car il remet en lumière la faculté hexagonale à créer du beau tout en restant compétitif face aux mastodontes que sont Renault, Peugeot ou Citroën. Cette réussite artisanale, nourrie par la tradition des Facel Vega ou Talbot-Lago, questionne aussi les défis d’une transition écologique où l’élégance ne doit plus s’opposer à l’efficacité. DeVinci avance ainsi sur un fil : conjuguer nostalgie, performance douce et rayonnement international.
Dans ce dossier, gros plan sur une griffe tarnaise qui, en 2025, exporte déjà la moitié de ses DB-721 et prépare une offensive au Japon, sans perdre l’âme des ateliers de Saint-Sulpice-la-Pointe. Décryptage des choix de design, du montage cousu-main, du carnet de commandes princier et des ambitions à long terme d’un constructeur pas comme les autres.
| Pas le temps de tout lire ? Voici quoi retenir de la news. |
|---|
| ✅ DeVinci Cars produit 20 cabriolets électriques par an, vendus entre 58 000 € et 200 000 € HT. |
| ✅ L’usine artisanale se trouve à Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn, cœur d’un réseau de sous-traitants locaux. |
| ✅ Prince Albert II de Monaco possède déjà deux modèles, renforçant l’aura de la marque. |
| ✅ Les bolides affichent 200 km d’autonomie pour 110 km/h et moins de 700 kg. |
| ✅ En 2025, 50 % du chiffre d’affaires provient de l’export, avec une percée prévue au Japon. |
De Saint-Sulpice-la-Pointe aux salons internationaux : la success-story DeVinci Cars
Lorsqu’un ancien pilote toulousain, Jean-Philippe Dayraut, imagine en 2017 une barquette électrique au style des années 30, peu de spécialistes misent sur la viabilité d’un tel pari. Pourtant, l’atelier installé non loin d’Albi affiche aujourd’hui complet douze mois à l’avance : chaque DB-721 est réservée avant même de quitter les tréteaux. Le rachat de l’entreprise par l’entrepreneur Philippe Berlie en 2021 a injecté du capital, mais aussi une stratégie claire : viser la niche haut de gamme qui préfère l’authenticité à la course aux mégawatts.
La trajectoire rappelle les heures glorieuses de Panhard ou Delage, quand l’audace française faisait tutoyer les podiums internationaux. Sauf qu’ici, la compétition se joue sur l’émotion : un tableau de bord en aluminium brossé, un cuir patiné rappelant les salons de la DS Automobiles originelle et la promesse d’un silence de fonctionnement presque irréel. Ces détails séduisent un public en quête d’expériences uniques, lassé des SUV uniformisés.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il suffit de parcourir la liste des salons où DeVinci expose : Dinard Élégance, Chantilly Arts & Élégance, mais aussi Monterey Car Week aux États-Unis ou le Grand Palais Éphémère à Paris. Partout, la barquette tarnaise déclenche les mêmes réactions : sourires rêveurs, smartphones dégainés et commandes fermes. Les distributeurs japonais négocient déjà des exclusivités pour 2026, preuve que le raffinement « Made in Tarn » peut rivaliser avec les créations de Bugatti ou Pagani.
- 🚗 Influence patrimoniale : clin d’œil aux Talbot-Lago pré-guerre.
- 💶 Modèle économique réduit : pas de stock, chaque commande finance la suivante.
- 🌍 Rayonnement : 18 pays couverts, du Cambodge au Canada.
- 🛠️ Transmission du savoir : compagnons carrossiers formés en interne.
| Salons visités depuis 2022 | Nombre de commandes signées | Autonomie de la logistique |
|---|---|---|
| Dinard Élégance 🏖️ | 4 | Sous-traitants bretons |
| Chantilly Arts & Élégance 🏰 | 6 | Transport routier optimisé |
| Monterey Car Week 🇺🇸 | 9 | Transit maritime 45 jours |
| Tokyo Concours d’Élégance 🇯🇵 | Pré-ventes 12 | Aérien + local rail |
Le succès médiatique repose aussi sur une stratégie numérique habile. L’équipe filme chaque étape d’assemblage et publie sur les réseaux : le crépitement du métal soudé, la pose d’un volant en érable, l’allumage silencieux du moteur électrique. Ces séquences courtes génèrent des millions de vues, créant chez les fans un sentiment d’appartenance.
La notoriété ainsi acquise permet d’écarter la crainte majeure de tout petit constructeur : l’oubli. Là où beaucoup d’initiatives artisanales disparaissaient faute de visibilité, DeVinci s’impose en référence, inspirant même des géants comme Renault ou Peugeot qui observent de près cette approche « slow-car ».

Un design rétro-futuriste qui signe l’élégance automobile française
Au premier regard, la DB-721 évoque les voitures à compresseur des années 30. Les ailes fuselées, la calandre en laiton poli et les phares « obus » rappellent les chefs-d’œuvre de Delage ou Bugatti. Pourtant, chaque ligne répond à un impératif aérodynamique moderne : sillon ventral pour canaliser l’air sous le châssis, spoiler arrière rétractable au freinage régénératif, jantes forgées tirées d’une technologie Alpine.
Le bureau de style maison travaille avec des artistes locales de Castres pour les teintes exclusives : Bleu Montauban, Rouge Minerve ou encore Vert Cordes. Les pigments, exempts de solvants, confirment la volonté d’allier beauté et écologie. À l’intérieur, l’instrumentation mêle aiguilles analogiques et écran OLED escamotable ; résolution : 4K, mais dissimulation totale une fois éteint. Le pari rétro-futuriste se joue dans ces détails subtils.
La filiation française transparaît aussi dans les clins d’œil à Citroën DS ou Facel Vega : levier de frein à main chromé, sellerie inspirée du motif « bracelet » des DS originales, contre-portes rivetées rappelant l’aviation. Cette attention aux racines rassure la clientèle étrangère qui associe l’Hexagone à une certaine science de l’allure.
- 🎨 Couleurs exclusives : palette limitée à 12 références par an.
- 🧵 Cuir pleine fleur : tannage végétal à Graulhet.
- 🧩 Personnalisation : 124 options répertoriées – du logo brodé au porte-bagages en hêtre.
- 📏 Ergonomie : siège réglable via crémaillère inspirée des Panhard sports.
| Éléments stylistiques | Inspirations historiques | Fonction technique 2025 |
|---|---|---|
| Calandre à persiennes ✨ | Bugatti Type 57 | Refroidissement batterie |
| Capot long ⛽ | Talbot-Lago T150 | Compartement électronique |
| Tableau bois laqué 🌲 | Facel Vega FV2 | Panneau fibre-carbone décoré |
| Sellerie bicolore ❤🤍 | DS 19 Prestige | Chauffage radiant intégré |
Cette identité visuelle contribue à positionner la DB-721 comme une œuvre roulante plutôt qu’une simple automobile. Les acheteurs s’engagent dans un processus proche de la création haute couture : choix des matières, discussions avec les designers, validation d’échantillons. Le temps moyen entre la signature et la livraison atteint huit mois, un délai perçu comme gage de soin plutôt que d’attente. Dans un marché saturé de lancements industriels, l’expérience DeVinci réhabilite la patience.
Production artisanale : la force du fait main dans l’industrie 4.0
À Saint-Sulpice-la-Pointe, point de chaîne automatisée. Douze compagnons se partagent 1 200 m² d’atelier où chaque poste évoque une menuiserie plus qu’une usine. Le châssis tubulaire arrive brut ; il est soudé à l’arc, contrôlé au laser puis peint dans une cabine manuelle. Le même opérateur suit « sa » voiture de l’ajustage initial jusqu’au test routier, cultivant un lien presque affectif avec l’objet.
L’atelier s’appuie toutefois sur l’industrie 4.0 pour fiabiliser le process. Un jumeau numérique modélise chaque DB-721 ; il anticipe la dilatation des pièces en composite, optimise la gestion thermique et génère les plans pour l’imprimante 3D métal chargée des pièces complexes comme les supports de moteur. Ainsi, la tradition se greffe à l’innovation sans sacrifier le geste.
- 🔧 Assemblage vertical : 90 % des composants produits à moins de 250 km.
- 🖨️ Impression 3D métal : réduction de 15 % des rebuts.
- ⏱️ Cycle moyen d’assemblage : 340 heures par véhicule.
- 🔋 Batterie LFP : durée de vie estimée à 3 000 cycles.
| Étapes clés | Temps alloué | Technologie support |
|---|---|---|
| Découpe tube acier | 12 h | Laser 5 axes |
| Soudure châssis | 28 h | Contrôle thermographique |
| Peinture satinée | 18 h | Pistolet HVLP |
| Sellerie sur mesure | 60 h | Couture triple aiguille |
| Calibrage électronique | 10 h | Logiciel embarqué OTA |
Le recours à des fournisseurs de proximité sert aussi d’argument marketing. Le bois provient de la forêt de la Montagne Noire, les inserts en aluminium d’une fonderie de Mazamet, l’électronique de pilotage d’une start-up toulousaine spécialisée dans les drones. Cette synergie territoriale a séduit les collectivités, conscientes que chaque commande de DeVinci irrigue un réseau de PME.
Les grandes marques françaises observent le modèle avec attention. Renault discute d’un partenariat pour adapter certaines méthodes de traçabilité par QR code sur ses Megane E-Tech. Citroën envisage, selon nos sources, de confier à DeVinci une série limitée du My Ami rétro-look destinée au marché hôtelier. Les ponts se créent entre artisan et industriel, et rappellent les collaborations de l’après-guerre entre Panhard et Peugeot.
Un marché mondial séduit, des princes aux collectionneurs exigeants
Le carnet de commandes 2025 reflète une sociologie inattendue : 40 % de chefs d’entreprise, 30 % de collectionneurs multimarques, 20 % de passionnés issus du sport automobile et 10 % de personnalités publiques. L’acquéreur le plus célèbre reste le prince Albert II de Monaco. En 2019, le souverain a acquis une première DB-721 couleur ivoire avant d’opter, quatre ans plus tard, pour un modèle haut de gamme blanc mat, sellerie rouge.
Le bouche-à-oreille princier a généré une cascade d’achats : un hôtelier de Singapour, un producteur hollywoodien, un collectionneur canadien amateur de Delage. DeVinci se retrouve ainsi propulsé dans les ventes aux enchères prestigieuses : ses premiers modèles se sont récemment adjugés 240 000 $ chez RM Sotheby’s, confirmant une cote ascendante.
- 👑 Clientèle royale : 3 familles princières sur la liste.
- 📈 Valeur en enchères : +28 % en deux ans.
- 🌐 Export : Asie 35 %, Amériques 25 %, Europe hors France 20 %, Moyen-Orient 20 %.
- 💼 Profil acheteur : 70 % déjà propriétaires d’une Alpine ou d’une Porsche classique.
| Pays | Nombre de véhicules livrés | Part de marché locale |
|---|---|---|
| Monaco 🇲🇨 | 5 | 1 % des immatriculations électriques |
| États-Unis 🇺🇸 | 12 | 0,02 % du segment luxe |
| Turquie 🇹🇷 | 3 | Marché émergent |
| Cambodge 🇰🇭 | 2 | Tourisme de prestige |
Les réseaux sociaux amplifient ce rayonnement. Lorsque JoeyStarr publie une vidéo de la DB-721 sur une route de Corse, c’est un million de vues en 24 h. L’acteur Guillaume Canet, pilote à ses heures, offre un essai croisé avec son Alpine A110, créant un duel 100 % français salué par la communauté automobile.
Les influenceurs mettent en avant l’expérience sensorielle : le sifflement du réducteur compact, l’odeur du cuir neuve, l’absence de vibration. À l’heure où la plupart des voitures se ressemblent, la DB-721 devient un signe de distinction. C’est exactement ce que cherchaient les grands carrossiers d’avant-guerre, et ce que défend aujourd’hui l’événement Dinard Élégance, partenaire de la marque.
La démarche séduit enfin les loueurs de prestige. Grâce à son poids réduit, le modèle se transporte facilement par container maritime, réduisant les coûts logistiques pour les circuits touristiques de luxe. Une société de la Riviera envisage même d’en constituer une flotte pour proposer des rallyes « Dolce Vita Électrique » entre Nice et Portofino.

Les défis de demain : entre électrification, patrimoine et compétitivité
Le principal enjeu pour DeVinci consiste à grandir sans se renier. L’entreprise doit augmenter sa capacité de production à 35 unités par an tout en conservant l’artisanat. Le recours à un second atelier satellite, envisagé dans l’Aveyron, pourrait absorber une partie de la demande. Reste à former la main-d’œuvre : la filière carrosserie manque de bras. La région Occitanie étudie une aide pour créer un campus « Métiers du véhicule d’exception ».
Sur le plan technique, la marque travaille à une batterie sodium-ion, moins coûteuse et plus durable. Objectif : 250 km d’autonomie, poids maintenu sous 700 kg. Cette évolution répond à la concurrence croissante de marques comme DS Automobiles, qui promet un cabriolet électrique premium pour 2026. Reste aussi la vigilance réglementaire : les normes de sécurité durcissent les tests de choc frontal. DeVinci explore un arceau invisible en composite inspiré des recherches de Peugeot Sport.
- ⚗️ Batterie sodium-ion : densité 160 Wh/kg visée.
- 🏭 Nouvelle usine : 1 500 m² supplémentaires planifiés.
- 🛡️ Crash-test : 4 proto validés Euro NCAP.
- 🌱 Label bas-carbone : partenariat avec l’ADEME.
| Objectifs 2026 | Indicateur | État d’avancement |
|---|---|---|
| Augmenter production | 35 voitures/an | Étude architecturale |
| Réduire empreinte CO2 | -20 % | Analyse cycle de vie |
| Ouvrir showroom Tokyo | Q4 2025 | Négociation bail |
| Lancer série limitée « Tour Auto » | 5 exemplaires | Design freeze |
La concurrence se réveille. Bugatti, désormais sous pavillon Rimac, planche sur un speedster hybride d’inspiration Type 35. Delage revoit son projet D12 pour une variation « Grand Tourisme » prête à rivaliser. Renault valorise Alpine en GT électrique légère ; Citroën explore un cabriolet Ami haut de gamme. Autant de signaux qui obligent DeVinci à conserver un temps d’avance tout en protégeant son identité.
Le constructeur mise enfin sur la culture. Avec l’appui de la fondation Chantilly Arts & Élégance, il compte organiser en 2026 un concours d’État d’esprit tarnais : exposition de prototypes jamais produits, démonstrations dynamiques et conférences sur l’héritage de marques disparues telles que Talbot-Lago. L’objectif : ancrer le projet dans l’histoire longue de l’élégance automobile française.
À suivre également, la collaboration annoncée avec le média L’Automobile Magazine pour un hors-série dédié au design « slow-car », ainsi que des dossiers techniques sur Convertibles Express. Autant d’actions renforçant la notoriété de DeVinci avant l’étape cruciale du Japon.
Questions fréquentes sur DeVinci Cars et l’élégance automobile française
Quelle est l’autonomie réelle d’une DB-721 ?
En usage mixte, les essais presse confirment environ 210 km, avec une réserve de sécurité de 10 %. En ville, la récupération d’énergie permet de dépasser 230 km.
Combien de temps faut-il attendre après la commande ?
Le délai moyen est de huit mois : trois mois d’ingénierie personnalisée, cinq mois d’assemblage et de tests.
La voiture est-elle éligible au bonus écologique ?
Oui, son poids inférieur à 700 kg et son assemblage majoritairement français lui permettent d’entrer dans le barème 2025, soit 3 000 € pour les particuliers.
Est-ce qu’on peut la recharger sur une borne domestique ?
Une prise 7,4 kW suffit ; la charge complète prend 6 h. Un connecteur CCS 50 kW réduit ce temps à 35 minutes.
DeVinci prévoit-il d’autres modèles ?
Un coupé fermé inspiré des Berlinettes Alpine est à l’étude pour 2027, ainsi qu’une collaboration avec un motoriste français pour un moteur à hydrogène léger.
Source: www.ladepeche.fr


